Didier Le Gac C'est par un simple mail que, le 25 avril dernier, le réseau de l'enseignement privé sous contrat de Bretagne a appris que l'académie de Rennes était contrainte de réguler très fortement les remplacements des enseignants. En clair, depuis les vacances de printemps, les remplacements d'enseignants sont presque intégralement gelés dans l'enseignement privé breton. Ainsi, dans un grand lycée de Quimper, le Likès, trois enseignants venus remplacer des collègues malades ont été priés de faire demi-tour.
Dans son courriel, le rectorat justifie cette attitude en avançant des contraintes budgétaires. Selon lui, l'académie aurait d'ores et déjà dépassé les autorisations de recrutements qui lui sont accordées s'agissant de l'enseignement privé.
Or, en Bretagne, où je suis élu, 250 000 jeunes sont scolarisés dans l'enseignement privé sous contrat, soit 40 % des élèves – et même 44 % dans le secondaire dans mon département, le Finistère. Les conséquences de cette décision de non-remplacement sont donc dévastatrices. Elle désorganise complètement le fonctionnement des établissements et perturbe la scolarisation des élèves. Certains d'entre eux se sont retrouvés à deux mois des épreuves du bac sans enseignant dans les disciplines principales.
Un directeur d'école primaire de l'enseignement privé me confiait récemment que c'était la première fois, dans toute sa carrière, qu'il voyait l'État exprimer de la sorte une volonté de laisser des élèves sans professeurs et un refus du rectorat de remplacer des enseignants malades. En effet, depuis toujours, et jusqu'à présent, le remplacement était possible au moins après trois ou quatre jours d'absence.
Un parent d'élève m'alerte ainsi : « Comment expliquer à ma fille que son remplaçant a dû partir du jour au lendemain parce qu'il n'était plus payé par l'État ? »
Face à cette situation, dénoncée d'une seule voix par les enseignants, les chefs d'établissement, les parents d'élève et de nombreux élus, le rectorat reconnaît que les recrutements de remplaçants seront limités et fléchés en fonction de certains critères. Il me semble que cette situation constitue une rupture avec le principe d'équité territoriale. C'est pourquoi je souhaite rappeler ici l'obligation d'assurer le remplacement effectif des enseignants absents, pour garantir la continuité pédagogique.
Quels moyens matériels et surtout humains pourraient être alloués rapidement à l'académie de Rennes en prévision de l'année scolaire 2025-2026 ? Il faut faire en sorte que ce qui s'est passé ces dernières semaines ne se reproduise pas à la rentrée 2025.