Emmanuel Maurel Je voudrais interroger Mme la ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique sur la position du gouvernement concernant les très nombreux dysfonctionnements de l'accès à internet par la fibre optique. Des dizaines de départements et des millions de Français sont affectés. Ils subissent régulièrement des coupures pouvant durer des semaines, voire des mois. Dans ma circonscription, la troisième du Val-d'Oise, il n'est pas rare de croiser des habitants qui n'ont plus accès à internet depuis trois, quatre ou six mois. Cela peut avoir des conséquences très importantes, notamment pour les personnes qui télétravaillent ou qui utilisent des appareils de santé connectés.
Ces dysfonctionnements trouvent en grande partie leur source dans l'obligation imposée par l'Europe aux États de confier au privé le déploiement des infrastructures réseau, hormis dans les zones très peu denses où ce déploiement n'est pas rentable pour les opérateurs – on avait alors fait appel au public.
Les performances des opérateurs sont très variables : Orange enregistre d'assez faibles taux de pannes quand Altice, par l'intermédiaire de SFR, XPFibre, mais aussi Altitude, semble incapable de limiter le nombre de problèmes. Ce phénomène est d'autant plus préoccupant qu'on ne sait pas ce que va devenir le réseau SFR, dont la vente à la découpe est imminente.
Il faut que la législation évolue afin que les abonnés, les usagers d'internet qui dépendent de la fibre optique soient mieux protégés, notamment des pannes récurrentes.
Je m'interroge d'ailleurs sur le blocage d'une proposition de loi votée à l'unanimité par le Sénat en 2023, certes contre l'avis du gouvernement de l'époque, qui prévoyait des mesures très attendues pour mieux réguler la pratique de la sous-traitance, souvent loin de respecter les règles de l'art, et donner plus de droits aux abonnés, qui ne bénéficient pas d'un service de qualité.
Dans la perspective du décommissionnement du réseau cuivré en 2030, le rythme d'amélioration récemment observé par l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse est beaucoup trop lent. L'Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel a estimé que « nous partons d'un niveau [de pannes] tellement élevé qu'il faudrait plus d'une décennie pour arriver à un niveau simplement “acceptable” ».
Que compte faire le gouvernement pour améliorer le déploiement de la fibre en France ? Des centaines de milliers d'abonnés vous regardent, notamment depuis le Val-d'Oise ! La présidente le sait bien : ce genre de situations devient très pénible pour les gens au quotidien.
La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique.