François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre d'État, ministre de l'intérieur. Nous connaissons le phénomène prégnant du retrait-gonflement des argiles sur les bâtiments et les conséquences pour les populations. J'ai bien conscience que votre département n'est pas épargné par celui-ci.
Je rappelle que ce phénomène est couvert depuis 1989 par le régime des catastrophes naturelles et que la solidarité nationale a permis de mobiliser 23,9 milliards d'euros, soit 42 % du régime, pour indemniser les sinistres liés à la sécheresse. Pour la seule année 2022, la sinistralité du RGA représente plus de 3 milliards, dont ont pu bénéficier les sinistrés des 162 communes de Dordogne reconnues en état de catastrophe naturelle.
Venons-en au cadre juridique. Pour décider de la reconnaissance d'une commune en état de catastrophe naturelle, l'autorité administrative est tenue de se prononcer sur l'intensité anormale de l'agent naturel à l'origine des dégâts et non sur l'importance des dégâts eux-mêmes. Ces critères sont fondés sur des études approfondies réalisées par les services d'expertise mandatés par l'administration, Météo-France en l'occurrence. Outre la présence d'argiles sensibles au retrait-gonflement, particulièrement importante dans certaines communes de Dordogne, comme vous le soulignez, l'état de catastrophe naturelle est reconnu sur la base du niveau d'humidité des sols qui correspond à la survenue d'une sécheresse exceptionnelle. Certes, ces précisions sont techniques, mais elles sont utiles.
Pour faire face aux dommages grandissants, l'État s'est pleinement mobilisé. Le gouvernement, conscient des difficultés, a engagé une réforme importante en assouplissant les critères de reconnaissance. En application d'une ordonnance du 8 février 2023, depuis le 1er janvier 2024, l'état de catastrophe naturelle est reconnu pour les niveaux de sécheresse qui surviennent en moyenne tous les dix ans, alors qu'auparavant le délai nécessaire à cette reconnaissance était de vingt-cinq ans.
Par ailleurs, les nouvelles conditions permettent de prendre en considération les communes qui connaissent une succession d'épisodes significatifs ou qui sont limitrophes des communes remplissant les autres critères. Ces nouveaux critères, plus souples, permettront à l'avenir de reconnaître plus facilement un épisode de sécheresse, notamment pour les sinistrés dans votre département.
Enfin, la prise en compte de ce phénomène dépasse le cadre du régime des catastrophes naturelles. Il est utile de préciser que le troisième plan national d'adaptation au changement climatique, publié le 10 mars 2025, qui consacre sa mesure 5 à la protection de la population des désordres sur les bâtiments liés au retrait-gonflement des argiles, prévoit que soient engagées des démarches de prévention du phénomène de retrait-gonflement des argiles sur les bâtiments existants comme sur ceux à construire. En application de ce dernier texte, des mesures préventives pourront être engagées.