Mickaël Bouloux Je souhaitais également interpeller Mme Borne et je déplore à mon tour son absence. Je vous salue néanmoins et vous remercie de la suppléer, madame la ministre déléguée, même si j'aurais préféré vous poser une question sur les enjeux numériques ou l'intelligence artificielle – nous aurons l'occasion de nous rencontrer pour en discuter dans les prochaines semaines.
Alors que l'école est censée être le pilier de notre République et de l'instruction de nos enfants, l'inquiétude monte dans ma circonscription comme dans de nombreux territoires. Dans quelles conditions se déroulera la prochaine rentrée scolaire ? Vous prévoyez des fermetures de classes massives : 5 000 au niveau national, dont 68 rien qu'en Ille-et-Vilaine – la huitième circonscription, que je représente, et plus généralement la métropole rennaise, est durement touchée, en dépit de son dynamisme démographique. Certains établissements prévoient en effet des effectifs pouvant atteindre trente élèves par classe, y compris au sein des grandes sections, où une limite de vingt-quatre élèves a pourtant été fixée par votre propre famille politique.
Et que dire de l'accompagnement des élèves en situation de handicap ? Alors que la loi de 2005 sur le handicap et l'inclusion scolaire fête ses 20 ans, le bilan de vos huit années au pouvoir est sans appel : en Ille-et-Vilaine, près de 2 000 enfants n'ont pas d'accompagnant d'élèves en situation de handicap ou attendent une place en institut médico-éducatif – 2 000 enfants, madame la ministre ! Du fait de votre attentisme, le système craque. Malheureusement, c'est aussi le cas des parents d'élèves, des enseignants et des personnels éducatifs.
Sonia-Delaunay, Marie-Pape-Carpantier, Champion-de-Cicé, Moulin-du-Comte, La-Gabillais, Échange, Cleunay, Clos-Joury, Jean-Moulin, Suzanne-Lacore, Eugène-Allanic, et j'en passe : je ne compte plus les établissements de ma circonscription qui m'ont sollicité pour obtenir du soutien et qui se mobilisent, depuis maintenant plusieurs mois, afin que les enfants bénéficient de conditions d'apprentissage dignes. Face à eux se dresse le mur du ministère, qui ignore leurs craintes et fait fi de leurs demandes d'écoute et de dialogue.
Souvenez-vous qu'à gauche, lors de l'examen du dernier budget, nous avons bataillé pour que vous renonciez à supprimer 4 000 postes d'enseignants et que 2 000 AESH soient recrutés. Je n'ose imaginer à quoi ressemblerait la situation si nous vous avions laissé faire. À l'heure où l'école devrait plus que jamais assurer l'acquisition des savoirs, la formation citoyenne, la cohésion sociale et la lutte contre les inégalités, le souhait de maintenir toutes les classes ouvertes n'est pas un caprice, mais une nécessité ; garantir à chaque élève handicapé l'accompagnement dont il a besoin n'est pas un luxe, mais une question de dignité et d'humanité.
Entendez les élèves, leurs parents, leurs enseignants : quelles décisions prendrez-vous pour garantir un enseignement inclusif qui soit à la hauteur des enjeux de la rentrée prochaine ? Garantissez-vous un AESH par élève en situation de handicap ? Maintiendrez-vous les classes ouvertes ?