Clara Chappaz, ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique . Valeo a annoncé, à la mi-juillet, un processus de réorganisation comprenant la recherche de repreneurs pour trois sites, dont celui de l'Isle d'Abeau. Un dialogue rapproché avec les services de l'État a été engagé, afin de limiter autant que possible les conséquences économiques et sociales de cette réorganisation pour ces territoires.
Ce travail a permis d'obtenir des engagements clairs, portant sur le respect du dialogue social, la qualité des mesures d'accompagnement et de reconversion des salariés, la recherche d'un repreneur et les actions de revitalisation et de redynamisation de ce site.
Alors que sa fermeture était annoncée par tous, le groupe Valeo a finalement décidé de ne pas fermer le site de Saint-Quentin-Fallavier-l'Isle d'Abeau. L'activité du site sera toutefois redimensionnée, notamment celle de ses équipes de recherche et développement, mais l'activité de production de moteurs électriques pour véhicules hybrides et électriques y sera maintenue.
Enfin, Valeo poursuit la recherche d'un repreneur de l'espace disponible au sein de son site, afin de consolider l'activité économique dans le territoire. Ce travail est mené en collaboration avec les services de l'État.
Face aux difficultés que traverse actuellement le secteur automobile, le gouvernement s'est engagé à défendre au niveau européen un plan visant à soutenir la filière en France. Ce plan doit comprendre des mesures de soutien de la demande et de l'offre, mais également des mesures de défense commerciale, destinées à répondre aux actions de dumping pratiquées hors de l'Union européenne. Il doit également permettre d'affirmer un cadre réglementaire incitatif et non punitif. Enfin, les mesures de soutien devront viser la transition des équipementiers et des sous-traitants européens et accompagner ainsi toute une branche en mutation.
Le dialogue stratégique lancé par la Commission permettra de définir l'ensemble des mesures à prendre au niveau européen. Le gouvernement sera particulièrement vigilant à ce que des critères de production nationale ambitieux soient intégrés pour soutenir nos équipementiers et nos constructeurs.
S'agissant de la situation de Vencorex au Pont-de-Claix en Isère, une procédure de redressement judiciaire a été ouverte en septembre, par son actionnaire thaïlandais – il ne voulait plus assumer les pertes de l'entreprise.
Cette décision a été prise après cinq mois d'une procédure de conciliation qui n'a donné aucun résultat. Les services de l'État et notamment la Délégation interministérielle aux restructurations d'entreprise se sont mobilisés sans relâche au côté des salariés de la filière chimie et des collectivités, avec pour objectif de trouver une solution non seulement pour les salariés mais également pour les clients et les fournisseurs de Vencorex.
Ils ont notamment obtenu de l'actionnaire qu'il assume ses responsabilités, en proposant aux salariés un traitement social digne, avec l'attribution d'une indemnité supralégale de 40 000 euros à chaque salarié qui ne serait pas repris à l'issue de la procédure collective. De plus, l'actionnaire prendra toutes les mesures nécessaires à la mise en sécurité du site. L'action de l'État a également permis de circonscrire autant que possible les conséquences en cascade que pourrait avoir la défaillance de Vencorex sur la chimie française et les activités engageant la souveraineté française.
Des solutions de reprise de l'usine ont été recherchées très tôt par les services de l'État, mais aucune solution pérenne n'a pu être trouvée, malgré l'approche d'une douzaine d'acteurs industriels : l'absence de perspective de redressement du marché et le coût important de la reprise envisagée n'ont pas permis la construction de scénarios industriels viables.
Tous les acteurs s'accordent pour constater l'absence d'équilibre économique à la reprise de tout ou partie de l'activité. Enfin, le gouvernement s'est déjà exprimé quant à une éventuelle nationalisation de l'entreprise. Le seul plan présenté prévoyait des pertes cumulées de plusieurs centaines de millions d'euros en près de dix ans : le modèle économique des activités de Vencorex ne semblant pas viable à terme, la nationalisation de cette société ne saurait être envisagée.