François de Rugy,
Ministère de la transition écologique et solidaire •
25 févr. 2020Une part majoritaire (environ 80 %) des espèces françaises sont présentes en outre-mer qui concentre une très grande proportion d'espèces endémiques. Le rythme soutenu de découvertes reste cependant très insuffisant pour espérer avoir rapidement répertorié la majorité des espèces. Beaucoup d'espèces sur ces territoires sont menacées, plus encore dans certaines situations insulaires, notamment par la perte d'habitats, la pollution, les espèces exotiques envahissantes. L'Agence française pour la biodiversité apporte un financement dans le cadre d'un appel à projet spécifique à l'outre-mer à hauteur de 4 M€ (depuis 2018, avec une nouvelle tranche à hauteur de 2 M€ pour 2019), destiné à des projets opérationnels de gestion, restauration et sensibilisation à la biodiversité (restauration de dunes ou de mangroves, ….). Outre cet appel à projets, la préservation de la biodiversité en outre-mer est une priorité du plan biodiversité que le Gouvernement a adopté en juillet 2018. Ainsi, deux nouvelles réserves naturelles seront créées en outre-mer, dont une réserve dédiée à la protection des forêts primaires de Mayotte afin de renforcer le réseau d'aires protégées dans les territoires ultramarins, déjà très important (parc amazonien de Guyane, réserve naturelle des terres australes et antarctiques françaises.) : - des plans nationaux d'actions ultramarins multi-espèces ou habitats seront élaborés en 2020, - 100 % des récifs coralliens français seront protégés en 2025, - l'Agence française pour la biodiversité a installé en Guyane un service « valorisation économique de la biodiversité » à compétence nationale, - la dynamique de la réalisation d'atlas de la biodiversité communale sera encouragée. Par ailleurs, le Gouvernement veille à améliorer la connaissance des écosystèmes des territoires ultramarins. Ainsi, l'unité mixte de service « Patrimoine naturel (AFB/MNHN/CNRS) apporte son concours à la connaissance sur les outre-mer, notamment par la poursuite de la coordination de l'inventaire des sites-clés pour la biodiversité dans les Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Cette unité assure la tenue à jour du réferentiel taxonomique des espèces d'outre-mer. Elle conduit la coordination avec l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), de la liste rouge nationale des espèces menacées notamment en outre-mer. Elle conduit l'appui technique et scientifique à la mise en place du Système d'information sur la nature et les paysages qui permet de partager les données et connaissances avec d'importants volets d'évaluation sur les outre-mer ces dernières années. En outre, elle a lancé le financement d'un appel à « micro-projets » (montant total de 100 k€) pour appuyer les sociétés savantes et associations naturalistes dans l'inventaire de la biodiversité, dont environ 50 % de projets concerne l'outre-mer. Le Muséum national d'histoire naturelle assure enfin le financement d'expéditions naturalistes et, en 2019, le financement d'un travail sur la flore endémique des outre-mer et l'enrichissement des collections de l'herbier national, en liaison étroite avec les différents gestionnaires d'espaces protégés.