🤔Déconjugalisation de l'allocation aux adultes handicapésM. Guillaume Chiche alerte Mme la secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargée des personnes handicapées, sur un sujet qui lui est cher, porté depuis de longs mois par de nombreuses associations, qu'est la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé (AAH). En effet, et cela est regrettable, le montant de l'AAH est actuellement calculé en fonction des ressources du couple, rendant ainsi le revenu de la personne en situation de handicap dépendant de celui de son conjoint. À maintes reprises, le débat pour individualiser cette prestation a eu lieu dans l'hémicycle, provoquant le rejet de la majorité, en contradiction totale avec l'obligation et la volonté de donner aux personnes en situation de handicap la possibilité de vivre dignement. La révolution culturelle n'a donc pas eu lieu. C'est le choix de Mme la ministre, mais la réalité est tout autre : « On ne se marie pas pour l'argent, mais par amour ». « Cela nous infantilise et nous invisibilise ». « On m'a tout supprimé, je suis complètement dépendant de mon mari ». « Si je suis victime de violences conjugales, comment vais-je faire financièrement si je quitte mon conjoint ? ». Ces propos viennent de personnes en situation de handicap de la circonscription de M. le député, qui sont aujourd'hui victimes du renoncement du Gouvernement, de son refus de voir se réaliser un vrai droit à l'autonomie, un vrai droit à l'émancipation. Ce refus est incompris pour de nombreuses personnes, concernées ou leurs familles, alors que l'AAH a pour vocation de compenser simplement la difficulté ou l'impossibilité de travailler ou d'avoir un accès au marché de l'emploi pour une personne en situation de handicap. Cette décision est d'autant plus incompréhensible que le Gouvernement affiche, depuis plusieurs semaines, dans le contexte pré-électoral qui est celui du pays, un volontarisme politique à l'égard de l'autonomie, de l'augmentation du pouvoir d'achat et ce dans un contexte d'inflation et de précarité que l'on connaît tous. Le Gouvernement a ainsi fait le choix jusqu'à maintenant de la solidarité conjugale, de la soumission financière et d'une vision patriarcale du couple au détriment de l'autonomie et de la dignité de la personne en situation de handicap, assurée par la solidarité nationale. Il n'est pas trop tard. Ainsi, il lui demande quelles mesures le Gouvernement compte enfin prendre afin de reconnaître les spécificités de l'AAH et ainsi en modifier ses règles de calcul pour plus d'inclusion et de justice sociale.