🤔PAC post 2020 et surfaces pastoralesM. Jean-Félix Acquaviva attire l'attention de M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur l'éligibilité des surfaces pastorales, au titre des aides du premier pilier de la PAC. Il s'agit d'un point crucial de l'avenir de l'agriculture insulaire corse, mais également de celles des régions méditerranéennes de manière générale, en Provence par exemple, ou encore dans le Massif central. Ces surfaces pastorales, disposant, certes, de moins de 50 % d'herbes, sont néanmoins des terres agricoles. Elles ont une valeur agricole et sociétale très importante, en garantissant une ressource alimentaire, que l'on nomme résiliente, en cas de sécheresse, et qui se vérifie d'autant plus actuellement, dans le contexte de changement climatique. De plus, ces surfaces permettent une valorisation de terres agricoles sur des territoires difficiles, sur lesquelles aucune autre production n'est possible, bien souvent dans un contexte local de déprise agricole. La reconnaissance de la spécificité de ces surfaces est nécessaire au maintien de l'activité pastorale dans les territoires montagneux, à l'entretien et à la vie des terres, à la préservation de la biodiversité, à la lutte contre les incendies à laquelle il est particulièrement attachée, tant leur récurrence, en toutes saisons, et leur ampleur sont inquiétantes. Toutefois, ces pratiques ancestrales et ces surfaces, compte tenu de leur hétérogénéité, ne sont pas reconnues à leur juste valeur par la politique agricole commune. Sur la base des règles actuelles de la PAC, l'évaluation de l'éligibilité de ces surfaces et la manière de les contrôler est rendue difficile, très subjective voire rédhibitoire. Les petites exploitations fermières ont vu leurs aides baisser alors que certaines, plus grandes, ont vu leurs aides exploser. Dans le cadre des négociations sur la PAC post 2020, il semblerait que l'on assiste à une forme de nationalisation. Les États membres dont la France auraient davantage de marges de manœuvre pour reconnaître les surfaces pastorales et mettre fin aux rentes de situation. Des groupes de travail ont eu lieu, avant l'été 2019, sur ce point. Les professions agricoles évoquent même l'avènement d'un logiciel du nom de LIDAR. Enfin, un dernier point est préoccupant, c'est celui du montant de l'enveloppe totale de la PAC qui devrait décliner de 14 % par rapport à la PAC 2014-2020 dont 20 % de baisse pour le second pilier. Cette baisse globale du co-financement européen fait craindre un phénomène de recentralisation du second pilier au niveau de l'État, au détriment des régions. Face à ces questionnements, il lui demande de bien vouloir faire un point sur la PAC post 2020 et la question de la prise en compte des surfaces pastorales.