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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice

Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur3 juin 2025
Le vote par internet est aujourd'hui prévu en France pour deux scrutins : l'élection des députés des Français établis hors de France (modalité utilisée en 2012, 2022 et 2024) et les élections consulaires (modalité utilisée en 2014 et en 2021). Cette dérogation au vote à l'urne est uniquement permise pour répondre aux enjeux spécifiques rencontrés par les Français établis hors de France. Le vote par internet permet à l'électeur de voter à l'aide de codes (identifiant et mot de passe) qui lui sont transmis par des voies différentes (mél, sms, courrier postal) permettant de garantir un niveau d'authentification minimum. Le vote est crypté et confidentiel. Pour que le secret du vote soit respecté, deux informations sont strictement séparées dans le processus mis en œuvre : d'une part, le fait que l'électeur a voté est reporté sur la liste d'émargement, et d'autre part, le choix de l'électeur est comptabilisé dans les suffrages exprimés en faveur du candidat qu'il a choisi. Le décompte des suffrages est obtenu après l'utilisation des clés détenues par les quatre membres du bureau de vote électronique, sans qu'il soit possible de savoir à quel candidat un électeur a apporté son suffrage. Toutefois, cette modalité de vote présente un certain nombre de limites qui conduisent à restreindre son utilisation à certaines élections et uniquement aux électeurs votant à l'étranger. En premier lieu, le vote par internet ne permet pas d'exclure un vote sous influence (familiale, professionnelle ou communautaire), un achat de vote ou toute autre atteinte au secret du vote et au consentement de l'électeur. Seul l'isoloir garantit ces principes reconnus par l'article 3 de la Constitution. En deuxième lieu, le vote par internet peut rencontrer des difficultés de fonctionnement, comme cela a été le cas lors des élections législatives de 2022. Le Conseil constitutionnel a annulé, en raison des dysfonctionnements intervenus lors du vote électronique, les opérations électorales qui se sont déroulées dans deux circonscriptions des Français établis hors de France lors des élections législatives de juin 2022 (décision n° 2022-5813/5814 et décision n° 2022-5760 AN du 20 janvier 2023). Le Conseil constitutionnel a jugé que si les électeurs concernés conservaient le droit de prendre part au vote à l'urne en se déplaçant physiquement à l'un des bureaux de vote ouverts dans la circonscription, ce dysfonctionnement a néanmoins été de nature, eu égard aux caractéristiques de la circonscription, à empêcher plusieurs milliers d'électeurs de prendre part au vote au premier tour. Alors même qu'elle n'est aucunement imputable ni au candidat élu ni aux autres candidats, le Conseil constitutionnel a considéré que cette circonstance devait être regardée, compte tenu de l'écart de voix entre les candidats, comme ayant porté atteinte à la sincérité du scrutin. En troisième lieu, cette modalité de vote expose les scrutins à des attaques électroniques malveillantes. Comme toute infrastructure électronique, le système de vote par Internet peut être attaqué par des organisations ou des États hostiles. Ce système étant nécessairement ouvert à tous les électeurs concernés, il est d'autant plus vulnérable. A ce titre, il convient de rappeler que le vote électronique est aujourd'hui prévu pour l'élection des députés des Français de l'étranger dont les circonscriptions, vastes géographiquement, sont limitées en nombre d'électeurs. Une annulation pour un dysfonctionnement ou une attaque est donc circonscrite. En revanche, pour des scrutins à vaste circonscription (élections régionales, européennes, présidentielle et référendum), le risque de contagion serait accru : les failles potentielles seraient multipliées à raison du nombre d'électeurs supplémentaires concernés, et un problème local pourrait entraîner une annulation de toute l'élection. En quatrième lieu, seuls les Français de l'étranger pour les élections législatives et les élections consulaires bénéficient du vote par internet depuis 2012 en raison de l'éloignement des électeurs des bureaux de vote, au sein de circonscriptions parfois à l'échelle d'un continent. Sur le territoire national, le bureau de vote est dans la très grande majorité des cas à quelques minutes, à pied ou en véhicule, du domicile de l'électeur. Près de 70 000 bureaux de vote sont ouverts à chaque élection. Du fait de ce maillage territorial dense, le vote par internet pour tous les électeurs ne se justifie donc pas au regard de l'éloignement géographique des citoyens du bureau de vote. Enfin, au-delà de la sécurité juridique de l'organisation du scrutin, le vote à l'urne et le dépouillement sont des actes citoyens importants et participent du rituel républicain. Le vote par procuration se conforme d'ailleurs à ce rituel puisque le mandataire introduit bel et bien le bulletin de son mandant dans l'urne et que celui-ci est in fine dépouillé sans distinction des autres. En revanche, substituer à ce vote une procédure électronique qui, bien que confortable pour l'électeur, demeure informelle et dénuée de toute dimension collective, ne peut qu'affaiblir la solennité des opérations électorales. Le vote par internet n'a par ailleurs pas démontré à ce stade un effet majeur sur le niveau de participation : 22,51 % au premier tour des élections législatives des 11 circonscriptions des Français de l'étranger en juin 2022 avec une solution de vote par internet contre 35,12 % au premier tour de l'élection présidentielle. Le système de vote actuel bénéficie en outre d'un haut degré de confiance de la part des électeurs car il est auditable directement par l'électeur, ce qui pourrait être altéré par l'introduction du vote par internet généralisé. En effet, le contrôle citoyen sur le dépouillement est rendu plus difficile avec le vote par internet, car le revers du dépouillement instantané est l'absence de contrôle des citoyens sur cette opération. Avec le vote papier, tout électeur présent lors du dépouillement peut demander à recompter les bulletins en cas de doute sur la régularité des opérations électorales. Le contrôle sur les opérations de dépouillement, comme le contrôle des opérations électorales le jour du scrutin sont exercés tant par les représentants des candidats que par les électeurs eux-mêmes, ce qui constitue une garantie forte de la sincérité du scrutin dans notre système électoral, symbolisée par la transparence des urnes. Un système de vote par internet, quelle que soit sa fiabilité et son niveau de sécurité, du fait de la menace, réelle ou supposée, d'ingérence ou d'altération du résultat, encourt un risque de suspicion quant à sa transparence qui serait de nature à remettre en cause la confiance des électeurs. Dès lors, le Gouvernement n'envisage pas d'étendre le vote électronique à l'ensemble des électeurs ni à l'ensemble des élections.
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