Bruno Retailleau,
Ministère de l'intérieur •
3 juin 2025Le parc de véhicules blindés de la gendarmerie nationale est composé d'un total de 257 véhicules, répartis selon des typologies différentes. La gendarmerie est dotée de 79 véhicules blindés à roue de la gendarmerie (VBRG), 25 véhicules de l'avant blindé (VAB) issus de l'armée de terre, d'un engin du génie d'aménagement (EGAME) et de 62 véhicules blindés de la gamme civile. Les VIPG (véhicule d'intervention polyvalents de la gendarmerie) ont vocation à remplacer progressivement les VBRG et les VAB. Le programme de remplacement des VBRG par les VIPG a ainsi permis la livraison de 90 véhicules, répartis comme suit : 58 véhicules affectés à la métropole et à la Corse, tandis que 32 sont destinés aux départements et régions d'outre-mer. La répartition a été définie selon des critères prioritaires, avec une division globale en tiers : un tiers des véhicules pour l'Île-de-France, un tiers pour le reste de la métropole, et un tiers pour les territoires ultramarins. Cette répartition répond à un contrat opérationnel permettant une intervention de la composante blindée à moins de 4 heures de tout point du territoire national et couvrant de manière effective 97% de la population. Ce nouveau véhicule, permet le transport sous blindage de 10 militaires équipés. Il dispose notamment d'une lame, située à l'avant du véhicule, permettant le dégagement et la poussée d'obstacles, d'un lance-grenade télé-opéré d'une capacité de 30 grenades, d'un dispositif optique, d'un système de détection des départs de coups de feu, etc. La nouvelle capacité du VIPG représente une polyvalence jusqu'alors inédite au sein de la gendarmerie. Elle englobe plusieurs aspects techniques, tels que la protection balistique, qui a été éprouvée en Nouvelle-Calédonie avec plus d'une centaine de tirs touchants depuis le début de la crise le 13 mai 2024. De plus, l'engin démontre des capacités de franchissement et de dégagement d'axes, également éprouvées en Nouvelle-Calédonie. Une autre caractéristique essentielle est sa capacité de captation d'images, validée par la CNIL. Cette polyvalence technique se traduit concrètement dans les missions que le VIPG peut accomplir. Outre les missions de maintien de l'ordre, similaires à celles du VBRG, il peut être utilisé pour des missions de sécurité publique, de sécurité civile, mais aussi dans des missions de défense opérationnelle du territoire, voire dans un cadre interarmées. En outre, le VIPG n'est pas dans sa configuration définitive et il bénéficie d'adaptations progressives en fonction de son utilisation. Les multiples engagements opérationnels du VIPG depuis juin 2023 témoignent de l'efficacité de cette nouvelle capacité. Que ce soit lors des interventions liées à l'affaire Nahel, des événements en Nouvelle-Calédonie, des travaux sur la LGV Bordeaux-Toulouse, de la protection du commissariat de la Courneuve (93 en zone police nationale) ou encore des missions liées à l'A69, le VIPG a montré sa capacité à répondre aux exigences variées des situations rencontrées, donnant entière satisfaction dans son emploi. La gendarmerie nationale se déclare pleinement satisfaite des performances offertes par ces véhicules. Ils répondent aux besoins actuels des unités sur le terrain et garantissent une continuité opérationnelle optimale. Cette satisfaction s'inscrit dans une démarche pragmatique, visant à maximiser l'efficacité des équipements tout en préparant progressivement la montée en puissance des nouveaux VIPG. Par ailleurs, le déploiement des VIPG s'accompagne d'une doctrine spécifique pour la formation des pilotes et des opérateurs de maintenance. Cette approche vise à assurer une transition opérationnelle harmonieuse tout en maintenant une capacité d'intervention robuste dans toutes les zones d'action de la gendarmerie, que ce soit en métropole ou en outre-mer.