Marc Ferracci,
Ministère auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé de l’industrie et de l’énergie •
8 juil. 2025En mauvaise santé financière et malgré un soutien de plusieurs centaines de millions d'euros par son actionnaire, Vencorex France a été placé en redressement judiciaire. En amont de ce placement et depuis, l'État s'est mobilisé depuis 10 mois pour accompagner cette entreprise dans l'élaboration de solutions, avec l'ensemble des acteurs des plateformes de Pont de Claix et Jarrie, touchés de plein fouet par la situation du secteur de la chimie. Les services du Gouvernement ont ainsi été particulièrement mobilisés pour essayer de faire émerger des solutions de reprise des activités de Vencorex, pour éviter les effets domino sur la filière chimie et enfin pour trouver des solutions acceptables pour les salariés de Vencorex qui seront directement impactés par ce manque d'offres de reprise. À date et dans le contexte de la procédure collective en cours, Vencorex a reçu une seule offre de reprise partielle de ses activités, qui prévoit la reprise d'un peu plus de cinquante salariés. Les services de l'État ont eu des échanges avec une douzaine d'industriels, les plus pertinents, pour travailler sur des schémas de reprise de tout ou partie des autres activités de Vencorex mais sans succès pour les activités situées à Pont-de-Claix. Le diagnostic posé par tous ces acteurs est qu'il n'existe pas d'équilibre économique à la reprise des autres activités de Vencorex. En l'absence de perspective solide pour le modèle économique des autres activités de Vencorex, aucun repreneur « global » n'a pu être trouvé par l'État, le groupe Vencorex ou par l'administrateur judiciaire. Par ailleurs, une analyse indépendante, partagée avec l'expert du Comité Social et Economique, a démontré que l'activité de Vencorex n'était pas solvable dans son marché global. Ainsi la situation de l'entreprise et de son marché dans une vision « optimiste » représente des pertes cumulées de plusieurs centaines de millions d'euros à un horizon 2032/2033, le tout sans atteindre un retour à une trésorerie positive. Elle présente ainsi des différences majeures avec la situation des Chantiers Navals de Saint Nazaire en 2017. Dans ces conditions, et comme rappelé aux élus locaux du territoire et aux organisations syndicales de Vencorex à Bercy le 28 janvier 2025 la nationalisation, même temporaire, n'est pas la réponse en l'absence de solution de pérennité identifiée. Par ailleurs, la réunion de travail du 4 février 2025 tenue sous l'égide du Premier Ministre a permis à chaque élu présent d'exposer la situation, les enjeux de l'entreprise et de la filière ainsi que de formuler, par écrit, des questions résiduelles. Des réponses appropriées et complètes démontrant la complétude de la recherche de solutions leur seront apportées dans des délais rapides. Les services du Gouvernement restent donc toujours très actifs pour rechercher toute solution industrielle sur d'autres aspects de ce dossier (mine de sel, gestion de la plateforme) pour une quinzaine de salariés supplémentaires. Le Ministre chargé de l'industrie et de l'énergie a participé au comité de pilotage de la préfecture à ce sujet le 26 juin 2025. Les services de l'État sont et resteront pleinement mobilisés pour, d'une part, accompagner le reclassement des salariés et, d'autre part, trouver des solutions pour la continuité des activités des entreprises impactées en amont et en aval par la fermeture de Vencorex afin d'éviter au maximum les effets dominos évoqués. Une attention particulière sera d'ailleurs portée à la pérennité, via des sources alternatives déjà recensées, des activités sensibles telles que celles relevant de la Défense. Il en sera également de même pour les problématiques environnementales soulevées relatives aux opérations de démantèlement et de dépollution du site et à la mine de sel d'Hauterives.