Philippe Tabarot,
Ministère auprès du ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé des transports •
15 juil. 2025Les services d'information de vol et d'alerte (dits services « AFIS » pour Aerodrome Flight Information Services) permettent de supplanter les services de la navigation aérienne dans les structures aéroportuaires de taille moyenne. Tandis que les contrôleurs aériens fournissent des instructions et des autorisations aux pilotes, les agents d'un service d'information de vol et d'alerte fournissent aux pilotes toutes les informations nécessaires pour conduire leur vol en sécurité (conditions météorologiques, état de la piste, situation du trafic environnant…), sans leur donner d'instructions. Le recours à un tel service est ainsi plus adapté aux aérodromes de taille moyenne, la fréquence du trafic dans ces structures ne nécessitant pas de telles instructions en vol. La présence de ce service ne limite pas l'activité des aérodromes. En effet, il est parfaitement compatible avec des activités de vols commerciaux comme avec des activités d'aviation de loisir, sans avoir d'impact négatif sur leur trafic et sans nuire à leur développement économique. Aujourd'hui, plusieurs aérodromes avec un trafic annuel entre 35 000 et 50 000 mouvements annuels, qui disposent d'un service d'information de vol et d'alerte, continuent d'accroitre leur activité. C'est le cas des aérodromes d'Angoulême, d'Arcachon ou encore de Vannes. A l'heure actuelle, les services de contrôle aérien de la direction des services de la navigation aérienne (DSNA) sont présents sur 79 terrains d'aviation en France (contre 16 en Allemagne). Les tensions croissantes sur les effectifs de contrôleurs aériens et la nécessité de recentrer les investissements techniques imposent de revoir le périmètre des aérodromes sur lesquels la DSNA rend un service de contrôle. Ainsi, afin de rationaliser son ancrage territorial, la DGAC a lancé une réforme de transfert du service de contrôle aérien vers un service d'information de vol et d'alerte, dont la première phase, à horizon 2028, concerne six aérodromes. Cette réforme vise à adapter le niveau de service rendu au trafic effectivement observé sur les six aérodromes, sans remettre en cause leur activité. La situation de l'aérodrome de Merville, avec 30 000 mouvements annuels, est similaire à celle d'autres aérodromes disposant déjà d'un service d'information de vol et d'alerte. La mise en œuvre d'un tel service s'avère donc pertinente, tout en préservant la sécurité des vols, y compris pour l'aviation d'affaires, les activités de voltige ou de formation au pilotage de drones que vous mentionnez dans votre question. La DGAC mènera les études de sécurité nécessaires dans cette phase de transition. La DGAC collabore étroitement avec l'exploitant de l'aérodrome de Merville, afin d'assurer une transition maîtrisée entre un service de contrôle aérien et un service d'information de vol et d'alerte, garantissant ainsi la continuité des opérations. Des échanges en ce sens sont d'ores et déjà engagés avec la Communauté de communes Flandre Lys, comme en témoignent le déplacement sur site du directeur général de l'Aviation civile le 25 mars dernier, ainsi que la réunion tenue avec les services de la DGAC le 11 avril. Les discussions se poursuivent dans un esprit constructif, portant notamment sur les modalités de mise en œuvre du service d'information de vol et d'alerte, les conditions de transfert, ainsi que sur les dispositifs d'accompagnement financier.