Annie Genevard,
Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire •
20 mai 2025La législation européenne adoptée début décembre 2021 fixe le cadre de la future politique agricole commune (PAC). Entrée en vigueur en 2023, elle impose aux États membres de définir une notion d'agriculteur actif, fondée sur des critères objectifs et non discriminatoires et qui conditionne le versement de certaines aides de la PAC aux demandeurs, en particulier les aides découplées, les aides couplées à la production et l'indemnité compensatoire de handicaps naturels. Cette notion vise à garantir que les aides sont versées uniquement à des demandeurs dont l'activité agricole est avérée et dépasse un niveau minimal sans pour autant que ce critère ait l'objectif d'écarter les pluriactifs. Dans le cadre des groupements agricoles d'exploitation en commun, seuls les associés répondant individuellement à la définition d'agriculteurs actifs sont pris en compte pour l'application de la transparence. Lors des réunions de concertation organisées en 2021 associant l'ensemble des parties prenantes, notamment l'État, les régions et les organisations professionnelles agricoles, il a été convenu que cette notion d'agriculteur actif reposerait sur deux critères cumulatifs : être assuré pour son propre compte contre les accidents du travail et les maladies professionnelles sous un régime de protection sociale des personnes non-salariées des professions agricoles (ATEXA ou régime spécial en vigueur dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle), et ne pas avoir fait valoir ses droits à la retraite si le demandeur a dépassé l'âge légal limite pour une retraite à taux plein. Cette définition doit permettre d'éviter qu'après 67 ans un exploitant cumule les aides de la PAC et les droits à la retraite et conserve, pour ce faire, son foncier agricole qui pourrait être nécessaire à l'installation de jeunes ou de nouveaux agriculteurs. Cette définition vise aussi à permettre non seulement un accès juste et équitable aux aides de la PAC aux agriculteurs qui continuent une réelle activité agricole mais aussi un départ en retraite digne. Le souhait d'interdire le cumul entre une pension de retraite et les aides de la PAC est très largement partagé, y compris dans d'autres États membres et notamment par les organisations professionnelles agricoles, en France, car un tel cumul constitue un frein à la transmission des exploitations, qui doit au contraire être favorisée, tout en assurant bien entendu de bonnes conditions de départ à l'exploitant cédant. La Commission européenne a examiné ce critère au même titre que l'ensemble des critères permettant de caractériser l'éligibilité des demandeurs aux versements des aides, et l'a validé dans le cadre de l'approbation du plan stratégique national le 31 août 2022.