Valérie Létard,
Ministère auprès du ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, chargé du logement •
1 juil. 2025L'utilisation de matériaux d'origine locale et biosourcée dans les bâtiments présente un intérêt environnemental. C'est notamment à ce titre que la réglementation environnementale (RE 2020), mise en place depuis 2022 pour la construction neuve, permet de valoriser l'utilisation de matériaux peu carbonés et, le cas échéant, stockant du carbone. De la même manière que pour les bâtiments neufs, il convient de définir les modalités permettant l'usage des matériaux bois et biosourcés dans le cadre de la rénovation des bâtiments existants. Pour ce qui concerne les bâtiments faisant l'objet d'une rénovation, la circulaire du 13 décembre 1982 formule un ensemble de recommandations pour la prise en compte de la sécurité lors des travaux de réhabilitation ou d'amélioration de l'habitat existant. Toute intervention sur l'habitat existant doit ainsi respecter le principe de non diminution du niveau de sécurité antérieur et il convient donc de s'assurer que les travaux ne dégraderont pas le niveau de sécurité. Pour autant, le respect de ce principe n'interdit pas systématiquement l'usage de bois et de matériaux biosourcés dans les rénovations, notamment pour la réalisation de travaux d'isolation thermique. S'agissant du risque induit par l'utilisation de matériaux combustibles dans les bâtiments, plusieurs travaux sont en cours, au niveau des ministères chargés de la construction et de la sécurité civile. Ces travaux visent à mieux prendre en compte les matériaux bois et biosourcés dans les programmes de rénovation tout en préservant un niveau de sécurité adapté à l'évaluation du risque au regard des connaissances scientifiques actuelles. Pour les immeubles de moyenne hauteur (bâtiment de 4ème famille, dont la hauteur du dernier plancher est située entre 28 et 50 mètres), un décret du 16 mai 2019 et un premier arrêté du 7 août 2019 fixent les exigences applicables lors de travaux de rénovation de façade dont la demande de permis de construire ou la déclaration préalable est déposée depuis le 1er janvier 2020. Un second arrêté du 7 août 2019, révisant l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation, fait également évoluer les règles de sécurité incendie applicables pour les bâtiments d'habitation, dès lors que ces travaux font l'objet d'une demande de permis de construire depuis le 1er janvier 2020. Un travail est engagé pour préparer une prochaine révision des règles de sécurité incendie pour les établissements recevant du public, les bâtiments d'habitation et les bâtiments à usage professionnel, dans l'objectif de sécuriser l'usage du bois et des matériaux biosourcés dans la construction et la rénovation, tout en maintenant un haut niveau de sécurité incendie dans les bâtiments. Ces travaux portent sur les textes règlementaires applicables pour les bâtiments neufs, mais ont également pour objectif de préciser dans quelle mesure la mise en œuvre de certaines solutions techniques lors de la rénovation d'un bâtiment peut être présumée ne pas aggraver sa vulnérabilité vis-à-vis des risques d'incendie. En résumé, la volonté du Gouvernement est de garantir toujours un haut niveau de sécurité contre le risque d'incendie, pour protéger la population, tout en accompagnant le développement du recours à des matériaux présentant un intérêt sur le plan environnemental.