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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Aurore Bergé
, Ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations29 juil. 2025
Le Gouvernement, à travers la Ministre Aurore Bergé, est pleinement engagé dans la lutte contre toutes les formes de haines, de violences et de discriminations. Depuis l'attentat terroriste du 7 octobre 2023, perpétré sur le sol israélien par le Hamas, les actes antisémites ont explosé en France. En 2024, 1570 actes antisémites ont été recensés en France par le Ministère de l'Intérieur, soit une moyenne mensuelle de 130 actes antisémites. Les Français juifs concentrent 62% de l'ensemble des faits antireligieux alors qu'ils représentent moins de 1% de la population. Ce triste constat nous oblige à réagir et à agir pour que nos concitoyens de confession juive puissent vivre librement et en sécurité. C'est pour cette raison que la Ministre Aurore Bergé a relancé les Assises de lutte contre l'antisémitisme le 13 février dernier et a constitué des groupes de travail afin de renforcer la réponse pénale et éducative face à ce fléau. Un rapport, issu de ces travaux, a été rendu le 28 avril 2025 à la ministre d'État Élisabeth Borne et à la ministre Aurore Bergé. Les préconisations de ce dernier doivent permettre de nourrir les réflexions du Gouvernement dans sa politique de lutte contre l'antisémitisme. Pour combattre ce fléau, un regard documenté sur notre passé est nécessaire, en Europe et à travers le monde. La situation des sociétés juives du Maghreb et du Proche et Moyen-Orient au 20e siècle a longtemps souffert d'une historiographie moins développée en comparaison de celle de leurs coreligionnaires d'Europe, singulièrement pendant la Shoah. Ce vide historiographique relatif est en passe d'être comblé, grâce notamment aux travaux récents d'historiens états-uniens, israéliens et français. Ces travaux permettent de restituer la complexité des trajectoires collectives et individuelles des « Juifs d'Orient » - formule elle-même discutée parmi les cercles académiques – dans la période qui a été ouverte en 1948 par la création de l'État d'Israël. Toutefois, les persécutions visant les Juifs au Maghreb et au Proche-Orient au 20e siècle n'ont pas attendu la création de l'État d'Israël comme le rappellent l'épisode de l'émeute anti-juive de Constantine (Algérie française) en août 1934, qui provoqua le meurtre de 23 Juifs et des centaines de blessés, ou celui du Farhoud, à Bagdad, qui, en 1941, entraina la mort d'environ 200 personnes et 2 000 blessés au moment de la fête de Chavouot (fête dites des Semaines). Ces évènements et plusieurs autres reflètent les tensions vives préexistant à 1948 entre communautés juives et musulmanes dans des pays qui, à l'orée des années 1950, étaient encore en très grande majorité des mandats (Syrie, Liban, Irak) ou protectorats (Maroc, Tunisie, Yémen, Libye) de puissances occidentales française et britannique, exceptions faites de l'Algérie, partie intégrante du territoire national français de 1848 à 1962 ou de l'Égypte, juridiquement indépendante depuis 1922 mais maintenue de fait sous influence britannique jusqu'en 1953. Le départ des populations juives du Maghreb et du Proche-Orient après 1948 est bien documenté : des 850 000 juifs que comptait le monde arabo-musulman en 1948, il n'en restait plus que 25 000 en 1976, principalement au Maroc. Leur chiffre s'est réduit à quelques milliers d'individus aujourd'hui, principalement répartis entre le Maroc, la Turquie et l'Iran. Ces départs s'inscrivent dans un mouvement complexe que le terme d'« exode » ne restitue qu'imparfaitement. Si certaines populations juives ont fait l'objet de mesures gouvernementales d'expulsion et de spoliation particulièrement brutales, prises en rétorsion à la première guerre israélo-arabe (1947-49) puis de la guerre de 1956, comme en Égypte ou en Irak fraîchement indépendants, les départs des autres pays arabes (au sens de la liste définie par la Ligue arabe, fondée en 1949) doivent être interprétés dans une perspective plus large que celle qui serait dictée uniquement par l'évènement de la création de l'État d'Israël et des guerres israélo-arabes. Les Juifs d'Algérie, citoyens français depuis 1870 et qui s'étaient vu retirer cette citoyenneté par le régime antisémite de Vichy, se sont ainsi retrouvés pris en étau lors de la guerre d'indépendance algérienne et « rapatriés » au même titre que les autres Français d'Algérie. Au Maroc en revanche, la population juive – la plus importante du monde arabe jusqu'aux années 1970 – a quitté le royaume chérifien en plusieurs phases et pour des causes mêlées, non réductibles au climat de tensions intercommunautaires ravivé par les épisodes guerriers au Proche-Orient. Comme l'a bien analysé l'historien israélien Yaron Tsur, spécialiste de la judaïcité marocaine, les trajectoires migratoires des Juifs du Maroc vers Israël, la France ou le Canada, résultent de dynamiques individuelles et collectives hétérogènes, certains segments de la population juive marocaine étant aspirés par la perspective, y compris messianique, de participation à la création du nouvel État juif, tandis que d'autres segments populationnels trouvaient des débouchés socioprofessionnels plus naturels dans les pays francophones (France, Canada), en raison de leur acculturation à la langue française grâce à l'action des écoles de l'Alliance israélite universelle implantées sur place depuis les années 1860. L'association « Justice for Jews from Arab Countries », créée en 2002, travaille notamment à la réhabilitation de la question des réfugiés juifs du monde arabo-musulman. Depuis 2014, est commémorée la Journée annuelle de commémoration de l'exil des réfugiés juifs du monde arabe le 30 novembre. Il apparaît judicieux d'approfondir la connaissance des élèves sur le sujet. En ce sens, le groupe de travail piloté par Madame la Professeure Marie-Anne Matard Bonucci, issu des Assises de lutte contre l'antisémitisme lancées par la Ministre Aurore Bergé, a émis la recommandation d'intégrer dans les prochains programmes scolaires du lycée l'étude des mouvements d'émancipation nationale au Moyen-Orient. Cette proposition, soutenue par la ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, a été reprise par le Premier Ministre lors de son allocution au dernier dîner du Crif tenu le 3 juillet dernier. Sous réserve de son examen par le Conseil supérieur des programmes, cette mesure permettrait de revenir de façon précise et documentée sur l'histoire tourmentée des sociétés juives du monde arabe depuis le début du 20e siècle et répondre aux attentes légitimes de reconnaissance historique de ce passé largement méconnu des jeunes générations.
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