André ChassaigneMonsieur le Premier ministre, depuis le début de l'année, trois féminicides ont eu lieu dans notre pays : trois femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-compagnon, trois femmes que la société n'a pas pu ou n'a pas su protéger. L'année dernière, 113 femmes ont été tuées. Les chiffres sont terribles et se répètent année après année, sans compter les victimes collatérales de ces violences que sont les enfants.
Si des avancées législatives ont bien eu lieu, les moyens dégagés pour l'application de ces lois sont nettement insuffisants par rapport à l'ampleur du phénomène qui traverse la société tout entière. C'est ce que nous disent les associations et les collectifs féministes. Les crédits sont sous-dimensionnés. Il faudrait consacrer 1 milliard d'euros spécifiquement à la lutte contre les violences faites aux femmes. Il est impératif, en outre, de former tous les personnels susceptibles d'accueillir et d'accompagner les femmes victimes, d'appliquer des mesures d'éloignement et de les faire respecter.
Ces violences sont systémiques et appellent donc des réponses globales, à la hauteur des drames. Nous devons assurer un suivi complet – juridique, médical, social – des victimes, raccourcir au maximum les délais et déployer l'ensemble des dispositifs dont nous disposons, comme les bracelets antirapprochement, qui sont seulement quelques centaines pour plus de 200 000 victimes.
Monsieur le Premier ministre, il est temps d'en finir avec le saupoudrage de petites mesures à chaque drame. Quelle réponse globale, structurelle et massive allez-vous apporter aux femmes de notre pays pour qu'elles puissent enfin vivre dans une société libérée du patriarcat et qui les protège de la violence ?