Sylvie Tolmont…comme si à chaque fois, l'école était à l'abri du virus. Les écoles sont certes ouvertes, mais les classes sont dépeuplées, voire fermées : c'est le cas pour 10 500 d'entre elles. Les apprentissages sont au ralenti. L'état de désorganisation des écoles, des collèges et des lycées n'est au final que la conséquence de cinq années d'affaiblissement du service public de l'éducation et de votre gestion par le mépris.
De fait, vous réussissez un grand chelem historique. Ce jeudi, vous réunirez dans la grève toutes les organisations syndicales de l'éducation nationale : les enseignants, mais aussi les inspecteurs, les chefs d'établissement, les infirmières et jusqu'aux parents, seront dans la rue ; les mouvements lycéens s'y associeront également. On n'a pas trace d'un mouvement de grève aussi large à l'éducation nationale depuis 1968. Tous dénoncent votre mépris et votre gestion catastrophique de la crise depuis deux ans, variant de manière incessante avec cinquante protocoles– dont trois en huit jours –, en déconnexion avec les réalités du terrain et épuisant le personnel, les parents et les enfants.
Vous êtes resté sourd aux demandes de renforcement du protocole, d'épurateurs et de purificateurs d'air, de masques FFP2 et de tests. Vous avez refusé d'embaucher du personnel supplémentaire, préférant dénoncer l'absentéisme des enseignants pour désigner les malades ou les cas contacts confirmés. Avec ce dernier protocole réduit à des autotests en rupture de stock partout et à une simple déclaration sur l'honneur, c'est en réalité la fin du contrôle sanitaire à l'école en pleine flambée épidémique.
Alors après le énième camouflet que vous a infligé hier soir le Premier ministre et face au jeudi noir qui s'annonce, quand allez-vous présenter votre démission, monsieur le ministre ?