Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur. Monsieur le député Mis, juste avant de répondre à votre question, je voudrais dire au député Aubert – je me suis renseigné entre-temps – que nous sommes passés dans le commissariat que j'évoquais de 56 à 77 policiers, soit 37 % d'augmentation en cinq ans. Mais M. Aubert a déjà quitté l'hémicycle : sans doute le coup politique ne valait-il pas les débats de fond.
Merci, monsieur Mis, pour votre rapport qui nous a effectivement aidés à la construction du projet de loi d'orientation sur la sécurité. Parmi les propositions du Président de la République que nous inscrirons dans le texte début mars en Conseil des ministres, je veux mentionner les 200 brigades de gendarmerie recréées dans le monde rural – quand 500 ont été supprimées ces quinze dernières années –, 11 unités de forces mobiles pour l'ordre public et pour lutter notamment contre la drogue – priorité du Gouvernement – ainsi que le doublement, de 2 000 à 4 000, du nombre d'agents de la police nationale et de la gendarmerie affectés à la lutte contre les violences conjugales, menée conjointement avec le garde des sceaux.
Toutefois, vous avez raison de le souligner, la grande avancée de cette loi d'orientation que j'aurai l'honneur de présenter consiste en une révolution technologique. S'agissant du volet numérique, les services feront aboutir les procédures bien plus rapidement grâce aux nouvelles technologies mais aussi à la numérisation de la justice, dont s'occupe le garde des sceaux. Les moyens technologiques nous permettront d'être beaucoup plus efficaces, avec en particulier un triplement des crédits en faveur de l'équipement des communes en caméras de vidéoprotection.
Vous avez également raison de dire que les grandes menaces de demain viendront du cyberespace. Une entreprise sur deux, y compris les PME dans vos circonscriptions, a été victime cette année d'une cybermenace, et une personne sur deux a fait l'objet d'une tentative d'escroquerie à l'identité ou à la carte bancaire – ce sera le cas de quasiment tous les citoyens dans les cinq prochaines années.
Aussi le ministère de l'intérieur sera-t-il bien celui de la cyber-révolution et de la cyber-prévention, ainsi que des offices chargés de la résolution des enquêtes de cette nature. Parmi les menaces que subissent les députés, beaucoup viennent du darknet et du cyberespace ; nous en parlerons ce soir, à votre invitation, monsieur le président. C'est notamment pour mettre fin à l'impunité dans ce domaine que nous déployons autant de moyens.