Emmanuel MaquetRTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, a rehaussé son niveau de vigilance au maximum, et a averti que des « coupures ciblées de consommateurs » étaient possibles. Oui, l'impensable est arrivé : notre approvisionnement énergétique dépend désormais de la météo.
En octobre, nous avions pourtant alerté la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, d'un risque de coupure générale, de black-out. Elle n'a pas voulu nous entendre, au nom du dogme idéologique du 50 % d'énergies renouvelables d'ici à 2035. Aujourd'hui, en pleine urgence, c'est à vous que je m'adresse, monsieur le Premier ministre : il est temps que le chef du Gouvernement exprime sa position sur le nucléaire, et que cesse la politique du « en même temps » qui détruit progressivement notre souveraineté énergétique. Vous fermez la centrale de Fessenheim, et « en même temps », vous annoncez des EPR – réacteur pressurisé européen – de dernière génération. Vous développez l'éolien, prétendument pour réduire les émissions de CO2, mais « en même temps », vous êtes obligés de rouvrir les centrales à charbon, ô combien polluantes, pour compenser la production intermittente de cette énergie. Vous profitez du prix du kilowatt généré par le nucléaire, et « en même temps », vous rackettez EDF de 8 milliards d'euros, pour des raisons électoralistes, par votre blocage de prix.