Matthieu Bloch Le Pays de Montbéliard et le nord de la Franche-Comté, qui forment le deuxième bassin industriel de notre pays, sont à la croisée des chemins. Ce qui formait autrefois le cœur du groupe Peugeot est aujourd'hui une simple partie d'un grand groupe international, Stellantis, et son sort dépend de décisions prises en dehors de notre pays.
Si les investissements importants qu'a consentis ce groupe dans son usine de Sochaux peuvent sembler envoyer un signal fort de soutien à l'industrie du nord de la Franche-Comté, l'avenir de la branche recherche et développement suscite toujours une vive inquiétude, alors même qu'il est essentiel de préparer l'avenir par l'innovation.
Sans la recherche menée dans le site de Belchamp, activité réalisée par 140 salariés spécialement recrutés à cet effet, l'électrification des véhicules, commandée par Bruxelles, n'aurait pas pu être accomplie avec autant de réussite et de rapidité.
L'excellence reconnue du site de Sochaux est indissociable de sa branche recherche et développement, sans laquelle, il n'hébergerait plus qu'une usine de montage parmi tant d'autres et serait considérablement fragilisé.
Le 3 octobre dernier, Marc Ferracci et moi-même visitions ensemble le site de Stellantis à Sochaux, en présence de nombreux élus francs-comtois et de M. Tavares, alors président du groupe. À cette occasion, j'ai fait part à ce dernier de mes inquiétudes quant à l'avenir de l'activité de recherche et développement dans notre territoire – de nombreux cadres le quittent –, et notamment sur la pérennité des 871 emplois du site de Belchamp. M. Tavares m'avait répondu, de manière assez vague et inquiétante, qu'il partageait mes inquiétudes sur l'activité de recherche et développement en France.
Au moment du mariage dans Stellantis des groupes PSA et Fiat Chrysler Automobiles, c'était la société Fiat qui faisait figure d'homme malade. Pourtant, nous constatons que la famille Agnelli jouit désormais d'une influence décisive dans les orientations du groupe. C'était déjà vrai avant le départ de M. Tavares, ce qui justifiait la question que je lui ai posée le 3 octobre – je craignais que toute l'activité de recherche et développement soit déménagée à Turin, aux dépens de Belchamp, du Pays de Montbéliard et de la France. Cela l'est encore plus aujourd'hui, alors que nous ne connaissons toujours pas le successeur de M. Tavares et, à plus forte raison, ses intentions.
Partagez-vous cette inquiétude ? Pouvez-vous me garantir que le site de Belchamp n'est pas menacé ? S'il l'était, de quels leviers disposeriez-vous pour maintenir cette activité essentielle dans le Pays de Montbéliard ?