Nathalie Colin-Oesterlé Le nombre d'habitants d'une commune établi par le recensement de l'Insee est capital car c'est sur cette base que le financement de ces collectivités est déterminé. Les dotations de l'État aux communes, le nombre de conseillers municipaux, les équipements collectifs nécessaires, comme les écoles et les hôpitaux, sont autant d'éléments qui dépendent des chiffres du recensement. De petites communes peuvent donc être gravement pénalisées si le recensement est établi lors d'une année où la démographie est temporairement en baisse.
La commune de Vigy, en Moselle, a ainsi vu disparaître sa gendarmerie et partir ses militaires et leurs familles. Ces départs ont entraîné une sous-occupation temporaire des logements de fonction, diminuant fortement le nombre d'habitants officiellement enregistrés.
Depuis, plusieurs initiatives ont été menées pour redynamiser la démographie locale. Les anciens logements de fonction ont été rénovés et reloués dès 2023, et une politique active d'aménagement a favorisé la construction d'une vingtaine de nouvelles habitations depuis 2020.
Cependant, le recensement effectué en 2020 a enregistré une baisse de la population qui aboutit à un écart notable entre la population réelle, estimée à environ 1 700 habitants, et la population officielle de 1 560 habitants, selon les projections de l'Insee, qui travaille à partir non de la réalité mais de la dynamique constatée l'année du recensement.
Les conséquences sont importantes car, sur la base de ces chiffres, la commune est supposée passer sous le seuil des 1 500 habitants en 2026. En réalité, la démographie de la ville progresse, les recettes de la commune seront de fait affectées, ainsi que le nombre de conseillers municipaux, qui passera de 19 à 15.
Quelles actions le gouvernement envisage-t-il pour éviter les distorsions entre les données officielles du recensement de l'Insee et les réalités locales ?