Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l'accès aux soins . La ministre de la transition écologique constate que votre question concerne les risques que fait peser le grand cormoran sur la pisciculture et les poissons sauvages, ainsi que les éventuels dangers pour la santé humaine que pourrait représenter l'espèce.
Le grand cormoran est une espèce protégée en France et à l'échelle européenne depuis les années 1970. Néanmoins, afin de limiter les dégâts qu'il occasionne, un système dérogatoire à la protection stricte permet de mener des opérations de régulation depuis les années 1990. Ces moyens d'action sont régulièrement ajustés, selon l'évolution de la population de grands cormorans sur le territoire.
Mme Agnès Pannier-Runacher vous indique, et vous l'avez évoqué, qu'elle vient de publier, avec la ministre de l'agriculture, un nouvel arrêté-cadre, daté du 24 février, qui fixe les conditions d'octroi de dérogations. Il pose un cadre rénové et plus ambitieux pour la cohabitation du grand cormoran avec les pisciculteurs, afin de limiter son impact sur les écosystèmes aquatiques, dans le respect de la réglementation en vigueur pour la protection des espèces.
Cet arrêté, discuté avec l'ensemble des partenaires concernés, assouplit les conditions de réalisation des tirs, en élargissant la période de destruction autorisée et en permettant de fixer, sous conditions, des plafonds de tirs complémentaires, afin de répondre aux besoins.
Il entend également simplifier les démarches administratives pour les bénéficiaires de dérogations : les autorisations de destruction vaudront autorisations d'effarouchement, et la transmission des comptes rendus d'opération sera facilitée, permettant de surcroît un meilleur suivi des destructions.
S'agissant du risque pour la santé humaine, il n'a pas été démontré jusqu'à présent que le grand cormoran serait un vecteur particulier de grippe aviaire ni que sa présence favoriserait le développement des populations de moustiques. En outre, le nombre de grands cormorans n'augmente pas significativement et tend plutôt à se stabiliser depuis une dizaine d'années ; il n'y a donc pas de risque accru de transmission de maladies.