François Rebsamen, ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation . Vous connaissez parfaitement le sujet ; votre question en témoigne. La situation du régime de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, géré par la CNRACL, est particulièrement préoccupante et menace sa pérennité. Comme vous l'avez souligné, c'est un problème qui remonte à une vingtaine d'années. Le déficit s'est élevé à 2,5 milliards d'euros en 2023 et, en l'absence d'intervention, il est projeté à 11 milliards en 2030.
Cette dégradation de l'équilibre financier du régime, dont le financement repose quasi exclusivement sur les cotisations, s'explique par la ponction opérée sur les comptes, mais également par la dégradation du ratio démographique, plus rapide qu'ailleurs. L'augmentation du recrutement de personnels contractuels, qui ne sont pas affiliés à la CNRACL, accentue cette tendance.
Sachez que le gouvernement mesure combien ce régime a contribué, par le passé, à la solidarité avec les autres régimes de notre système de retraite. Afin d'apporter une première réponse à cette situation d'urgence, il a décidé d'augmenter le taux de cotisation des employeurs de 3 points par an pendant quatre ans – et non de 4 points pendant trois ans, comme envisagé au départ –, de 2025 à 2028. C'est une hausse importante et le gouvernement, à travers moi, reconnaît l'effort qui est demandé ; mais elle est, comme l'a souhaité le premier ministre, moins brutale – parce que plus étalée – qu'initialement prévu.
Conscients des contraintes financières qui pèsent sur les collectivités, nous avons, à l'occasion de l'examen budgétaire des finances publiques locales, réduit l'effort financier que le gouvernement de Michel Barnier leur avait demandé, de 5 milliards à 2,2 milliards.
Enfin, parce que la seule mobilisation des employeurs ne sera sans doute pas suffisante pour rétablir l'équilibre de la CNRACL, j'ai, avec mes collègues Catherine Vautrin, Astrid Panosyan-Bouvet et Amélie de Montchalin, proposé aux représentants des employeurs locaux, par courrier en date du 31 janvier 2025, d'organiser une concertation pour trouver les solutions susceptibles de garantir un équilibre financier durable à ce régime de retraite auquel sont très attachés les collectivités et les agents. Celle-ci doit s'ouvrir au printemps, en bonne articulation avec les conclusions du conclave sur les retraites.