Thomas Ménagé Je tiens à appeler votre attention sur un enjeu fondamental pour ma circonscription du Gâtinais montargois : l'insertion professionnelle des jeunes sans qualification. Dans ce territoire, notamment dans la zone d'emploi de Montargis, la situation est particulièrement préoccupante. Avec un taux de chômage de plus de 10 %, bien supérieur à la moyenne départementale de 7 %, Montargis est la deuxième zone la plus touchée de la région Centre-Val de Loire.
Au-delà du chômage, c'est la difficulté d'accès à l'emploi qui frappe particulièrement les jeunes. Près de 57 % des demandeurs d'emploi dans cette zone ont un niveau de qualification inférieur ou égal au certificat d'aptitude professionnelle. Concrètement, cela signifie qu'ils rencontrent d'énormes obstacles pour accéder à des formations qualifiantes et pour trouver un emploi stable. Par ailleurs, en 2021 – il faut bien avoir ce chiffre à l'esprit –, le taux de scolarisation des 18-24 ans y était de seulement 32 %, contre 47 % pour l'ensemble du Loiret.
À la fin de l'année 2023, près de 1 000 jeunes de moins de 26 ans y étaient inscrits comme demandeurs d'emploi. Or, sur les 24 000 offres déposées à Montargis et Gien cette même année, seules 220 ne nécessitaient pas de diplôme. La quasi-totalité des emplois proposés requiert donc un niveau de qualification que ces jeunes n'ont pas, alors même que l'industrie représente 22 % des emplois salariés dans cette région – poids bien plus élevé que la moyenne nationale – et que notre industrie a besoin de main-d'œuvre. Cette situation traduit donc un véritable paradoxe : d'un côté, des jeunes veulent travailler mais n'ont pas les qualifications nécessaires ; de l'autre, un tissu économique peine à recruter par manque de personnel qualifié.
Une des solutions est pourtant connue et a fait ses preuves ailleurs : la présence d'une école de la deuxième chance. Le projet d'en créer une à Montargis existe, il est solide et soutenu. Le centre de formation d'apprentis Est Loiret, qui promeut cette initiative, a suivi toutes les étapes nécessaires pour obtenir la labellisation auprès du réseau E2C France. Les acteurs locaux sont pleinement mobilisés et se sont engagés à apporter une part significative du financement et à contribuer au projet.
L'étude de faisabilité a démontré un réel besoin, avec une estimation de 540 jeunes concernés dans la seule zone d'emploi de Montargis. L'ouverture de cette école était prévue pour la rentrée 2024-2025 et deux tiers du financement sont déjà sécurisés. Pourtant, contre toute attente, l'État a indiqué renoncer à son engagement de financer le tiers restant. Sans ce soutien, le projet ne peut pas voir le jour et ce sont des centaines de jeunes qui se retrouvent potentiellement privés d'accès à une formation et au marché du travail.
Il s'agit d'un projet structurant et d'un levier essentiel pour notre territoire. L'État a donné son accord de principe, il a encouragé les porteurs de projet à aller de l'avant et à réaliser les études nécessaires pour ensuite se dédire. Ma question est donc simple : le gouvernement va-t-il respecter ses engagements et débloquer les fonds nécessaires pour que cette école de la deuxième chance ouvre dans les meilleurs délais ?