Eva Sas Ma question s'adresse à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche ; elle concerne les fermetures de classes à Paris et j'y associe mes collègues Pouria Amirshahi, Léa Balage El Mariky, Sandrine Rousseau et Danielle Simonnet.
Nous souhaitons d'abord vous rappeler la situation très particulière de l'école publique à Paris : très fortement concurrencée par l'enseignement privé, elle concentre de ce fait des difficultés socio-économiques importantes et prend seule en charge certains publics – les élèves en situation de handicap et allophones. Certes, nous pouvons nous réjouir d'avoir été entendus au sujet de la décharge d'enseignement des directeurs d'écoles parisiennes, puisque nous avons obtenu un moratoire pour la rentrée 2025, moratoire que nous demandions depuis très longtemps et dont on nous disait encore il y a quelques jours qu'il était impossible en raison du référé de la Cour des comptes.
Je me réjouis que la mobilisation collective ait permis de vous faire entendre raison, mais notre inquiétude demeure concernant les fermetures de classes. Malgré l'annulation de la suppression de 4 000 postes d'enseignants au budget pour l'année 2025, l'académie de Paris a annoncé des fermetures de classes dans 198 écoles à la rentrée 2025, après les 175 fermetures survenues en 2024. Dans le 12e arrondissement, douze écoles et trois collèges seraient concernés, dont des établissements en convention académique pluriannuelle de priorité éducative, comme ceux de l'avenue Lamoricière et du boulevard Carnot : ce n'est pas acceptable ! Dans le 20e arrondissement, ce sont vingt-deux écoles, un collège et un lycée qui seront concernés.
Certes, Paris connaît une baisse démographique, mais elle devrait plutôt permettre de réduire les effectifs de chaque classe et de mieux répondre aux besoins des publics spécifiques accueillis dans les écoles publiques. Par exemple, deux écoles du 12e arrondissement, les écoles de la rue des Meuniers et de la rue de Wattignies, accueillent des enfants de forains ; rue de Wattignies et avenue Lamoricière sont scolarisés, dans des unités localisées pour l'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap ; l'école Gerty-Archimède et celle de la rue de la Plaine disposent d'unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants.
Je souhaiterais donc que vous réévaluiez la pertinence des fermetures de classes annoncées dans le 12e et le 20e arrondissement, et plus largement dans l'ensemble des écoles parisiennes concernées, en prenant en compte l'importance des publics à besoins spécifiques qu'elles accueillent.