Corinne Vignon Aujourd'hui, en seulement quelques clics, tout le monde peut exercer la profession d'éducateur canin grâce à la multitude de formations rapides en lien avec l'éducation canine. Cependant, toutes ne sont pas officiellement reconnues, et l'absence de cadre légal nuit au professionnalisme du secteur en favorisant l'usage de méthodes contraires aux bonnes pratiques validées scientifiquement.
Par exemple, l'attestation de connaissances pour les animaux de compagnie d'espèces domestiques s'obtient après quelques heures seulement de formation en ligne et ne comporte ni mise en pratique, ni mise en contact avec l'animal. Son contenu est souvent inadapté et ne garantit pas le socle minimal de connaissances en matière de bien-être animal.
Ainsi, toute personne déclarée auprès du préfet et détentrice de l'Acaced, ou d'une équivalence, peut se revendiquer éducateur canin, alors même que cette attestation ne garantit pas une formation adéquate à l'éducation canine. Or ce manque de formation et d'encadrement ouvre la porte à des pratiques discutables, maltraitantes, qui peuvent nuire aux chiens comme à leurs propriétaires et se solder par un abandon, voire une euthanasie, lorsque la situation devient complexe avec l'animal.
En 2024, le ministre de l'agriculture de l'époque, M. Marc Fesneau, conscient de l'importance de revoir cette formation et surtout de la renforcer, prévoyait de la réviser dans son plan national pour améliorer le bien-être des animaux de compagnie. Il existe, chez nombre des professionnels que j'ai rencontrés, un vrai souhait de professionnaliser ce secteur. Le brevet professionnel apparaît comme une alternative adéquate à l'Acaced pour former les éducateurs canins, mais il peut encore être amélioré.
Mme la ministre de l'agriculture entend-t-elle reprendre cette proposition pour encadrer enfin l'Acaced, en en proposant une version améliorée, voire la supprimer au profit de formations plus diplômantes, afin de professionnaliser les éducateurs canins ?