Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics . Je fais le lien entre votre question relative à l'imprimerie et une annonce intervenue ce week-end concernant le secteur amont : l'État va entrer au capital, pour 27 millions d'euros, de l'usine de pâte à papier Chapelle Darblay. Cela montre bien qu'il s'engage en faveur de l'ensemble de la filière.
L'imprimerie est une filière essentielle pour la culture de notre pays. Vous avez évoqué les prix littéraires, en particulier le prix Goncourt. Vous insistez sur la nécessité d'accompagner l'investissement des imprimeries sur le territoire national, pour qu'elles puissent moderniser leurs moyens de production, se décarboner et maintenir leur compétitivité, donc leurs emplois.
Sachez que le gouvernement est pleinement engagé dans le soutien à une industrie française forte, résiliente, compétitive et durable. Il a ainsi engagé 54 milliards d'euros dans le cadre du plan France 2030 pour soutenir les filières industrielles. Les imprimeries sont tout à fait éligibles aux appels à projets lancés en ce sens, notamment à ceux qui portent sur la décarbonation. Nous vous invitons donc à les relayer auprès de ces entreprises, à qui ils pourraient se révéler bénéfiques.
De nombreux industriels français de la production de papier ont bénéficié de soutiens massifs. Surtout, les récents progrès dans les négociations entre EDF et les industriels sur les contrats d'approvisionnement en électricité devraient profiter à la filière et, par suite, aux imprimeurs qui en sont les clients et consomment, eux aussi, beaucoup d'électricité.
Vous soulignez en outre l'intérêt d'une saisine du Médiateur des entreprises, compte tenu des difficultés dans les relations commerciales entre éditeurs et imprimeurs. Je vous confirme que le recours au Médiateur peut être utile lorsque les relations commerciales deviennent source de tensions. Dans le cas présent, vos préoccupations concernent les pratiques contractuelles, notamment en matière de délais de paiement et de pression tarifaire. Elles sont légitimes, car des difficultés de cette nature risquent d'affecter la stabilité économique des entreprises en question.
Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l'économie sociale et solidaire, et son cabinet se tiennent à votre disposition et à celle des acteurs afin d'apprécier dans quelles conditions le Médiateur pourrait être saisi. Une telle initiative, si elle était retenue, est susceptible de rétablir un dialogue constructif entre les acteurs concernés et permettrait aussi d'aborder la difficulté d'accès des imprimeurs au secteur bancaire, dont vous avez fait état.
Vous l'avez compris, le gouvernement veillera à créer les conditions nécessaires pour que l'activité des imprimeurs mayennais se poursuive. Comme vous, j'estime regrettable que certains se résignent à ce que nos grandes œuvres littéraires soient imprimées à l'étranger. Il y va de l'avenir de toute la filière du livre, de la production de papier – j'ai évoqué la papeterie Chapelle Darblay – aux librairies – elles ont bénéficié, elles aussi, d'un large soutien depuis la crise du covid-19. Elle doit demeurer une filière d'excellence et de rayonnement.