Catherine Hervieu La Côte-d'Or est un département rural de 698 communes où l'accès aux soins est inégalement réparti, avec un contraste fort entre la métropole dijonnaise et les deux tiers du département. Dans la deuxième circonscription que je représente, seules sept communes – dont une partie de Dijon – sur soixante-seize ont une offre médicale. Voilà qui crée une discontinuité de l'offre de soins auprès de la population, concernant aussi bien les généralistes que la médecine dentaire ou la cardiologie, sans même parler de la gynécologie médicale, de la dermatologie – et dois-je évoquer la psychiatrie ?
Le réseau de transports en commun, routier et ferroviaire est loin de couvrir les besoins des personnes vivant dans les communes rurales et ne possédant pas de véhicule personnel ou de permis de conduire. L'accès aux soins est évidemment vital pour les personnes les plus fragiles comme les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques, ayant une maladie de longue durée telle qu'un cancer.
Si la baisse de la natalité est plurifactorielle, la fermeture de maternités et le manque de spécialistes en obstétrique ne facilitent pas le bon déroulement d'une grossesse et son accompagnement le plus serein pour les futurs parents. Le vieillissement de la population aggrave la situation : en Côte-d'Or, 47 % de la population est âgée de plus de 45 ans, 28 % est âgée de plus de 60 ans. Nos aînés ont des besoins spécifiques pour poursuivre une vie digne. Les jeunes, quant à eux, sont de plus en plus sujets à des difficultés psychologiques et à des troubles psychiatriques. Le corps et l'esprit doivent être pris en compte si l'on veut garantir aux jeunes que leur développement soit source d'épanouissement.
Les citoyens que j'ai rencontrés à l'occasion des dernières campagnes électorales demandent à être soignés dignement et correctement. Face à ces manques et au désengagement de l'État depuis des décennies, les collectivités territoriales, en particulier les communes rurales, se sont saisies du sujet en cherchant des solutions pour éviter les situations d'abandon médical trop nombreuses. Ainsi, les maires font construire des maisons médicales sans que cela attire pour autant les médecins – sans parler des escroqueries auxquelles des maires de ma circonscription ont dû faire face, de faux médecins leur promettant d'exercer dans leur commune en échange d'importantes avances financières pour leurs frais d'installation.
C'est pourquoi j'ai soutenu la proposition de loi visant à lutter contre les déserts médicaux, dont la discussion a montré que nous devons répondre à la nécessité d'assurer à tous un accès égalitaire aux soins – égalité qui contribue à un aménagement équilibré de nos territoires par ailleurs. Cela prendra toutefois un certain temps. De plus, les personnels de santé sont à bout de souffle pour donner des soins de qualité aux patients et ont droit à une reconnaissance de leur métier à la hauteur du service rendu à l'ensemble de la société.
Quels sont les engagements du gouvernement, plus particulièrement du ministère de la santé, pour garantir à nos concitoyens de Côte-d'Or l'accès aux soins jusque dans la ruralité et pour accompagner les élus locaux ? Comment l'État relèvera-t-il les défis démographiques, avec quels moyens humains et financiers, sachant qu'on ne saurait opposer les générations entre elles ?