Maxime Michelet Je souhaite vous interpeller sur l'insalubrité persistante de certains logements sociaux, qui illustre malheureusement la complexité excessive des démarches administratives associées à leur prise en charge.
Dans ma circonscription, à Reims, de nombreux habitants sont mobilisés depuis plusieurs mois pour alerter les pouvoirs publics sur les conditions sanitaires alarmantes de leur logement social : prolifération de rats et de cafards, infiltrations d'eau, chauffage défaillant, installations électriques vétustes, moisissures importantes. Ces dégradations portent gravement atteinte à la santé et à la dignité des habitants. Confrontés à ces problèmes graves, ils doivent de surcroît affronter un véritable parcours du combattant administratif.
L'une des premières difficultés, pour eux, réside dans la qualification du logement, entre habitat indigne, insalubre ou indécent, puis dans l'identification de l'autorité compétente à saisir. Ce flou administratif nuit à la lisibilité de l'action publique et nourrit chez les personnes concernées un sentiment d'abandon et d'impuissance auquel nous avons le devoir de répondre.
J'ai ainsi à l'esprit le témoignage d'une retraitée de ma circonscription qui a alerté à plusieurs reprises diverses autorités – mairie et sous-préfecture, notamment – sans qu'aucune réponse concrète ne lui soit apportée. Non faute de volonté des autorités concernées mais faute d'un partage clair des responsabilités de chacun. À ce jour, aucun déplacement n'a été effectué par l'agence régionale de santé auprès de cette retraitée, alors même que sa situation aurait dû déclencher une intervention de son directeur ou du service communal d'hygiène et de santé.
Face à cette complexité administrative et à l'absence de lisibilité et de coordination entre acteurs compétents, les élus locaux comme les habitants se retrouvent isolés, démunis et finalement impuissants. Bien que la plateforme Signal logement ait été créée récemment pour faciliter les signalements, de trop nombreux habitants concernés par de telles situations, en particulier les personnes âgées les plus précaires, restent exclus de ce dispositif, notamment en raison de l'illectronisme qui les touche. J'ajoute que face à de telles situations humaines, une plateforme numérique ne saurait suffire à répondre au profond sentiment d'abandon que ressentent les habitants concernés.
Quelles mesures concrètes le gouvernement peut-il prendre afin de renforcer la fluidité, la lisibilité, la rapidité, donc l'efficacité, des dispositifs de signalement et d'intervention contre l'habitat indigne et insalubre ? Je ne doute pas qu'au sein de l'Assemblée nationale, une majorité pourrait se dégager sur ce sujet. Je profite de votre présence, madame la ministre, pour dire que ces questions ne concernent pas que des zones urbaines, mais aussi des zones rurales. Qu'ils habitent nos villes ou nos campagnes, tous les Français méritent un logement digne.