Karim Benbrahim Investir dans l'enseignement supérieur et la recherche, c'est investir dans ce qui fera la France de demain. Pourtant, les universités françaises font face à une crise financière historique, qui les met en difficulté dans l'exercice de leurs missions. Et la coupe budgétaire de 630 millions d'euros, que vous avez fait adopter hier au Sénat, aggrave encore leur situation.
Nantes université prévoit pour l'année 2025 un déficit de 15,9 millions, dont une part importante est due aux effets de l'inflation. Mais d'autres facteurs contribuent à expliquer cette situation financière : 4,3 millions découlent de charges nouvelles non compensées par l'État, comme celles liées à la réforme du compte d'affectation spéciale Pensions.
La compensation, pour moitié seulement, de la hausse du taux du CAS Pensions, adoptée hier par le Sénat, reste insuffisante au regard des charges nouvelles pesant sur les universités. Nantes université fait face à une sous-dotation chronique par rapport aux autres universités françaises, du fait d'un mode de répartition budgétaire national obsolète et injuste. Ce sont ainsi plus de 20 millions d'euros qui lui manquent chaque année ; le déficit pour l'année 2025 est estimé, je le répète, à 15,9 millions.
Cette université a déjà pris d'importantes mesures d'économies, telles que la limitation des recrutements, la réduction des dépenses les moins essentielles et la rationalisation des espaces utilisés. Mais ces efforts ne suffisent plus à compenser les manques structurels de financement ; l'université pourrait désormais se voir contrainte de limiter son offre de formation, de réduire le nombre d'étudiants accueillis ou encore de fermer des antennes dans différents territoires de la région des Pays de la Loire.
La qualité de l'enseignement et de la recherche, et donc, à terme, nos innovations technologiques, humaines et sociales, pourraient être affectées. Le modèle de financement des universités françaises doit être repensé pour le mettre davantage en adéquation avec les besoins des territoires. Quelles évolutions envisagez-vous pour corriger ces inégalités territoriales ? Quelles dispositions prendrez-vous pour rattraper la sous-dotation financière dont pâtit Nantes Université ?