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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Avec
Philippe Baptiste
, Ministère auprès de la ministre d’État, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche22 janv. 2025

NANTES UNIVERSITÉ


M. le président . La parole est à M. Karim Benbrahim, pour exposer sa question, no 96, relative à Nantes université.

M. Karim Benbrahim . Investir dans l'enseignement supérieur et la recherche, c'est investir dans ce qui fera la France de demain. Pourtant, les universités françaises font face à une crise financière historique, qui les met en difficulté dans l'exercice de leurs missions. Et la coupe budgétaire de 630 millions d'euros, que vous avez fait adopter hier au Sénat, aggrave encore leur situation.

Nantes université prévoit pour l'année 2025 un déficit de 15,9 millions, dont une part importante est due aux effets de l'inflation. Mais d'autres facteurs contribuent à expliquer cette situation financière : 4,3 millions découlent de charges nouvelles non compensées par l'État, comme celles liées à la réforme du compte d'affectation spéciale (CAS) Pensions.

La compensation, pour moitié seulement, de la hausse du taux du CAS Pensions, adoptée hier par le Sénat, reste insuffisante au regard des charges nouvelles pesant sur les universités. Nantes université fait face à une sous-dotation chronique par rapport aux autres universités françaises, du fait d'un mode de répartition budgétaire national obsolète et injuste. Ce sont ainsi plus de 20 millions d'euros qui lui manquent chaque année ; le déficit pour l'année 2025 est estimé, je le répète, à 15,9 millions.

Cette université a déjà pris d'importantes mesures d'économies, telles que la limitation des recrutements, la réduction des dépenses les moins essentielles et la rationalisation des espaces utilisés. Mais ces efforts ne suffisent plus à compenser les manques structurels de financement ; l'université pourrait désormais se voir contrainte de limiter son offre de formation, de réduire le nombre d'étudiants accueillis ou encore de fermer des antennes dans différents territoires de la région des Pays de la Loire.

La qualité de l'enseignement et de la recherche, et donc, à terme, nos innovations technologiques, humaines et sociales, pourraient être affectées. Le modèle de financement des universités françaises doit être repensé pour le mettre davantage en adéquation avec les besoins des territoires. Quelles évolutions envisagez-vous pour corriger ces inégalités territoriales ? Quelles dispositions prendrez-vous pour rattraper la sous-dotation financière dont pâtit Nantes Université ?

M. le président . La parole est à M. le ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche.

M. Philippe Baptiste, ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche . Je vous remercie pour votre question relative à la situation financière des universités, en particulier celle de Nantes, qui offre l'occasion de revenir sur l'évolution législative récente – le Sénat a adopté hier les crédits de la mission interministérielle Recherche et enseignement supérieur (Mires). Le gouvernement et mon ministère ont entendu les inquiétudes de certaines universités qui font face à des hausses de dépenses dues aux coûts énergétiques et aux charges non compensées, telles que les mesures dites Guerini et l'augmentation du CAS Pensions, que vous avez mentionnées.

Pour remédier à cette situation, nous avons proposé une compensation pour moitié de l'impact de la hausse du CAS Pensions pour les universités, soit une hausse de 100 millions d'euros par rapport à la copie initiale du projet de loi de fnances pour 2025. Votre question traduit une confusion entre le périmètre de la Mires, dont le crédit global connaît certes une baisse de 630 millions, et les programmes Formations supérieures et recherche universitaire et Vie étudiante, qui sont des priorités du gouvernement et pour lesquels le budget, je tiens à le signaler, est en augmentation nette – en particulier pour les universités, qui ont bénéficié d'un effort très significatif dans le contexte actuel.

Quant à la situation financière de l'université de Nantes, elle est à ce jour relativement solide. À la fin de l'année 2024, la trésorerie de l'établissement, dont le niveau sera confirmé dans le compte financier, devrait s'établir autour de 60 millions d'euros, soit l'équivalent de 56 jours de fonctionnement – le double du seuil d'alerte, fixé à trente jours par le nouveau décret financier qui s'applique aux universités. Le taux d'encadrement des étudiants est par ailleurs nettement supérieur à la moyenne des établissements de même catégorie, alors qu'il était nettement en deçà en 2020. C'est la conséquence directe d'un effort d'accompagnement significatif consenti à cet établissement, qui a vu sa subvention pour charges de service public (SCSP) par étudiant progresser de 1 881 euros entre 2020 et 2024, ce qui est considérable – ce n'est malheureusement pas le cas de toutes les universités françaises, je vous le garantis.

Je suis prêt à engager un travail autour de la réouverture du dossier de l'allocation des moyens aux universités et de la répartition de cette allocation. Je le répète, les mécanismes d'allocation budgétaire aux universités reposent avant tout sur l'histoire, pour le dire vite. Il faut repenser ce système. Ce chantier devra être mené en étroite coopération avec l'ensemble de l'écosystème.

M. le président . La parole est à M. Karim Benbrahim.

M. Karim Benbrahim . Vous connaissez au moins aussi bien que moi la situation financière des universités françaises. Les annonces budgétaires ne sont pas à la hauteur des enjeux ; les compensations adoptées hier par le Sénat ne couvrent pas l'intégralité des charges supplémentaires pour les universités. Par ailleurs, s'agissant de l'université de Nantes, la dotation financière par étudiant a diminué de 15 % depuis 2017. Un effort important est nécessaire pour cette université. J'entends que vous êtes ouvert à retravailler les règles de dotation budgétaire. Vous pouvez compter sur ma disponibilité pour mener ce travail avec vous.

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