Bruno Le Maire,
Ministère de l’économie, des finances et de la relance •
26 avr. 2022En premier lieu, il convient de souligner que le ministre ne dispose pas de la compétence lui permettant de donner instruction à des établissements indépendants de renégocier les prêts avec leurs clients. En effet, les prêts contractés par une collectivité avec un établissement financier sont de nature purement contractuelle et le ministre ne saurait s'immiscer dans un engagement contracté librement entre deux parties, l'une d'elle fût-elle publique. Il convient également de rappeler que les collectivités ont abordé la crise du Covid-19 dans une situation financière très favorable, disposant d'une part d'une épargne brute importante et d'autre part de conditions de financement avantageuses compte tenu de l'environnement de taux bas. Les collectivités ont ainsi pu mobiliser leurs ressources propres et contracter des prêts en cas de besoin (cf. rapport de Jean-Renée Cazeneuve Evaluation de l'impact de la crise du COVID-19 sur les finances locales de juillet 2020). La loi de finance rectificative n° 3 du 31 juillet 2020 a, du reste, permis de sécuriser les ressources des collectivités affectées par la perte des ressources fiscales locales à travers (i) 750 millions d'euros de dotations, (ii) le déploiement de près de 2,7 milliards d'euros d'avances pour les départements et autres collectivités qui connaissent des pertes de recettes de droit de mutation à titre onéreux (DMTO) ainsi que les collectivités d'outre-mer, (iii) le réabondement de 1 milliard d'euros de la dotation de soutien à l'investissement local (DSIL) en faveur de la transition écologique et (iv) la possibilité pour les communes et EPCI d'exonérer de taxe de séjour les vacanciers pour les nuitées effectuées entre le 6 juillet et le 31 décembre 2020. En conséquence, les collectivités n'ont rencontré de difficultés de paiements et sollicité des mesures d'aménagement de leurs crédits que dans de rares cas, les banques apportant alors des réponses pragmatiques (par exemple des reports d'échéance) au cas par cas pour les collectivités éprouvant des difficultés (communes touristiques et autorités organisatrices de la mobilité). Des reports d'échéance ont pu également être proposés aux collectivités qui en faisaient la demande. L'ensemble de ces interventions est resté marginal eu égard au faible nombre de demandes reçues. Si toutefois des difficultés persistaient pour certaines collectivités alors même que des difficultés réelles sont avérées et que les échanges avec les établissements financiers n'ont pas permis de dégager une solution, la Direction Générale du Trésor se rapprochera des établissements concernés pour demander un réexamen du dossier, sous réserve du bienfondé de la demande.