Olivia Grégoire,
Secrétariat d'État auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance, chargé de l'économie sociale, solidaire et responsable •
11 janv. 2022Le dispositif de don depuis un livret de développement durable et solidaire (LDDS) est prévu par le décret du n° 2019-1297 du 4 décembre 2019, mis en oeuvre depuis le 1er octobre 2020. Il permet de développer le financement de l'économie sociale et solidaire (ESS), en sollicitant l'épargne des Français et en mettant en valeur le secteur de l'ESS, ses actions et ses acteurs, via les réseaux bancaires. Avec ce dispositif de don depuis un LDDS, le Gouvernement permet de développer le financement de l'économie sociale et solidaire (ESS), en sollicitant l'épargne des Français et en mettant en valeur le secteur de l'ESS, ses actions et ses acteurs, via les réseaux bancaires. Concrètement, les banques proposeront chaque année à leurs clients qui détiennent un LDDS de faire un ou plusieurs dons à partir des sommes figurant sur leur livret, à des structures de l'ESS (association, fondation, mutuelle, coopérative, certaines sociétés commerciales, etc.). Les banques présenteront une liste d'au moins 10 bénéficiaires. Ces derniers, choisis par la banque, doivent soit appartenir à la liste nationale des entreprises de l'ESS, soit être un organisme de financement solidaire. L'augmentation du plafond du LDDS n'est à ce jour pas à l'étude : en effet l'épargne réglementée placée sur les livrets A et LDDS est rémunérée 7,5 fois plus que les livrets ordinaires, à conditions de risque et de liquidité analogues du point de vue de l'épargnant (en tenant compte de l'avantage fiscal et social accordé aux livrets réglementés). Ce niveau de rémunération et le quantum de placements pouvant être réalisé sur ces supports (plafonds cumulés de 34 950 € par personne) font figures d'exceptions en Europe, a fortiori si on ajoute la faculté pour les ménages les plus modestes d'ouvrir un livret d'épargne populaire par personne dont la rémunération est bonifiée à hauteur de 7 700 € par livret. Parallèlement, cette épargne a fait l'objet d'une forte accumulation durant la crise sanitaire, au point où le Fonds d'épargne de la Caisse des dépôts et consignations, qui centralise 60 % de la collecte, se trouve en situation de surliquidité. L'accumulation de cette forme d'épargne ne permet pas un financement optimal de l'économie, qui nécessiterait une prise de risque accrue de l'épargnant et freine la transmission de la politique monétaire de la zone euro. Enfin, les banques bénéficient déjà de liquidités abondantes qui permettent de financer le secteur de l'ESS à des taux compétitifs – autrement dit, le secteur de l'ESS ne souffre dans sa globalité pas de difficultés de financement dues à une insuffisance de l'offre. Au regard de l'objectif du secrétariat d'Etat en charge de l'Economie sociale, solidaire et responsable de renforcer les dons en faveur de l'ESS et de redonner du sens à l'épargne des Français, comme ils l'appellent de leur vœux, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'économie, des finances et de la relance, chargée de l'économie sociale, solidaire et responsable a saisi le conseil supérieur de l'ESS afin qu'il rende un avis sur la modification des ratio d'emplois de l'épargne réglementée non centralisée.