🤔Démarches administratives des étrangers vivant en FranceM. Cédric Villani attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la dématérialisation des demandes de renouvellement ou d'obtention de titre de séjour a certes conduit à l'effacement des interminables files d'attente matinales devant les préfectures. Mais tous les problèmes ne sont pas résolus, loin de là ! Les demandeurs se heurtent maintenant bien trop souvent à l'impossibilité totale de déposer leurs dossiers. Le dispositif est complètement engorgé ! C'est ce qui est constaté pour la préfecture de sa circonscription, en Essonne. Dans d'autres départements, l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous via internet, même en réitérant les efforts durant de longues semaines, est tel qu'un marché noir des inscriptions s'est mis en place. Quand le blocage est complet, il ne subsiste aucune autre solution que de passer par le tribunal administratif, pour qu'il force des préfectures à accorder un rendez-vous ou de solliciter tel ou tel élu ayant l'oreille de l'administration. Les conséquences de ces blocages peuvent être très graves : les personnes qui n'ont pas obtenu un récépissé à l'expiration de leur titre vont, dans leur majorité, perdre tous leurs droits, en particulier leur travail. La précarité, le dénuement, parfois la perte du logement et des aides sociales, les frappent ainsi que leur famille. Pour certains, c'est l'impossibilité même de retrouver un emploi. En Essonne, c'est aujourd'hui dans cet état d'engorgement généralisé que se retrouvent les guichets destinés aux étrangers. La préfecture, à Évry, se place implicitement dans l'illégalité par son incapacité à traiter des situations que la loi exige de traiter en temps et en heure. Parfois, c'est un demandeur dont la loi exige la régularisation comme pour les mères d'enfants français qui ont les plus grandes difficultés à renouveler leur titre et ont pour conséquence de mettre des enfants français en rupture de droits. Parfois, c'est un employé actif, dont le travail fait honneur à son entreprise et à la France, qui se retrouve abruptement en situation irrégulière ou encore, une entreprise qui peine à faire venir un employé, dont les compétences sont vitales pour l'activité, simplement parce que les services n'ont pas répondu à temps à sa demande, pourtant déposée bien en avance. Qu'on en juge : à l'heure actuelle, les dossiers de première demande déposés début 2021 n'ont pas encore été traités et force les requérants à faire renouveler leur récépissé tous les trois mois dans cette attente. À la sous-préfecture de Palaiseau, ce sont aujourd'hui plusieurs centaines personnes qui sont en rupture de droit. Devant ce tableau consternant, il lui demande quels sont les moyens mis à disposition des préfectures et quelle stratégie il compte adopter pour que les requérants puissent être traités dignement, pour qu'ils ne soient plus placés par la lenteur de la réponse administrative dans des situations humaines insupportables et absurdes.