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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Avec
Yannick Neuder
, Ministère auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l’accès aux soins2 avr. 2025

CENTRES DE SANTÉ


M. le président . La parole est à M. Jean-Claude Raux, pour exposer sa question, no 282, relative aux centres de santé.

M. Jean-Claude Raux . Les centres de santé jouent un rôle essentiel pour permettre l'accès aux soins, dans des territoires où la désertification médicale est criante, pour toutes et tous, en particulier les personnes qui ne peuvent se permettre le luxe des dépassements d'honoraires ou même des avances de frais.

On recense environ 3 000 centres de santé en France, dont 1 200 médicaux. Ils constituent ainsi un maillon essentiel du service public de santé de proximité. On doit leur développement, en grande partie, aux collectivités territoriales, affligées par la disparition des médecins et agacées de l'inaction de l'État.

Or ces structures font face à de nombreuses contraintes qui freinent leur essor et fragilisent leur pérennité. Un récent rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) énumère ces difficultés : manque d'accompagnement des autorités sanitaires, complexité administrative ou encore financements inappropriés ne prenant pas en considération leurs spécificités. Les gestionnaires des centres de santé dénoncent des sous-évaluations des coûts de fonctionnement et des délais de paiement souvent trop longs.

Pourtant, d'autres solutions existent. L'expérimentation du paiement en équipe de professionnels de santé en ville – plus connu sous l'acronyme Peps – a montré l'intérêt d'une rémunération forfaitaire par capitation, c'est-à-dire reposant sur la patientèle plutôt que sur les actes réalisés. Il faut généraliser cette modalité de rémunération, qui favorise une meilleure qualité de prise en charge, à tous les centres de santé pluriprofessionnels volontaires.

Le recrutement et la fidélisation des professionnels de santé représentent d'autres défis pour les centres de santé. À cet égard, une rémunération attractive est nécessaire. La subvention dite Teulade, créée en 1991, est aujourd'hui insuffisante et son accès est rendu difficile par des lourdeurs administratives. Il est urgent d'en augmenter le taux et d'en simplifier le versement.

Par ailleurs, j'ai été saisi dans mon département, la Loire-Atlantique, d'une interrogation spécifique sur la certification des comptes des centres de santé. Sur ce point, votre éclairage semble nécessaire pour éviter toute incertitude juridique.

J'ajoute que, cette semaine, nous devrions enfin avoir l'occasion d'examiner une proposition de loi transpartisane visant à lutter contre les déserts médicaux. Or les centres de santé à but non lucratif et pluriprofessionnels font partie intégrante des solutions pour rendre accessible le service public de santé de proximité à toutes les populations et dans tous les territoires, en complétant l'offre libérale sans la concurrencer.

Face à l'ensemble de ces constats, quelles mesures concrètes le gouvernement prendra-t-il pour lever les freins et soutenir le développement des centres de santé pluriprofessionnels ? Comment comptez-vous garantir un modèle économique viable, qui assure un accès aux soins pour tous, sur l'ensemble du territoire ?

M. le président . La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'autonomie et du handicap.

Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l'autonomie et du handicap . Je me permets de vous transmettre la réponse du ministre de la santé, que vous interrogez sur les difficultés des centres de santé et sur l'évolution de leur mode de rémunération. Le gouvernement partage pleinement votre préoccupation et reste mobilisé pour lever les freins à leur bon fonctionnement, assurer leur pérennité et accompagner leur développement.

Les centres de santé sont des structures de proximité essentielles, délivrant des soins ambulatoires accessibles grâce au tiers payant obligatoire et à l'absence de dépassement d'honoraires. Ils sont au cœur de la politique de renforcement des soins de ville, avec un objectif de 700 centres pluriprofessionnels d'ici à 2027. Fin 2023, on en comptait déjà 638.

Les difficultés économiques et administratives que vous soulignez sont bien identifiées. Le ministère travaille en lien étroit avec l'assurance maladie et les représentants du secteur pour mettre en œuvre les recommandations issues du rapport de l'Igas que vous avez mentionné.

Plusieurs axes sont engagés. Premièrement, la discussion du modèle économique se poursuit dans le cadre du financement conventionnel. Ensuite, des simplifications sont étudiées, notamment s'agissant de l'accès à la subvention dite Teulade. D'autre part, un allègement des obligations administratives et comptables est en cours – un guide vient d'ailleurs d'être publié à ce sujet.

L'attractivité des centres auprès des professionnels de santé doit aussi être renforcée car ils offrent une solution alternative, complémentaire de l'exercice libéral, que nous soutenons.

Enfin, nous voulons faire de l'exercice isolé l'exception. Le travail en équipe et la délégation de tâches sont essentiels pour améliorer l'accès aux soins et la qualité de la prise en charge.

Soyez assuré de notre engagement total pour soutenir les centres de santé et garantir à chacun un accès équitable aux soins.

M. le président . La parole est à M. Jean-Claude Raux.

M. Jean-Claude Raux . Nous débattrons demain de la proposition de loi transpartisane visant à lutter contre les déserts médicaux. Elle comprend un article sur la régulation de l'installation des médecins qui a suscité une levée de boucliers quelque peu disproportionnée.

Nous savons qu'il n'existe pas de solution miracle qui résoudrait le problème de la désertification médicale. En tout état de cause, force est de constater l'absence de réponse appropriée sur l'ensemble des territoires. Si, bien sûr, nous ne souhaitons pas opposer médecine libérale et centres de santé, nous constatons que l'exercice salarié est aujourd'hui attractif. Nous devons orienter toute notre énergie vers la défense du développement des centres de santé, qui constituent non pas la solution unique mais une des réponses.

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