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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche

Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur
Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles
Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Avec
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer2 avr. 2025

ÉROSION CÔTIÈRE DANS LES OUTRE-MER


M. le président . La parole est à M. Davy Rimane, pour exposer la question no 289 de M. Marcellin Nadeau, relative à l'érosion côtière dans les outre-mer.

M. Davy Rimane . La question porte sur le soutien aux initiatives d'adaptation au changement climatique outre-mer. Mon collègue Marcellin Nadeau tient à rappeler au ministre d'État, ministre des outre-mer, que la question de l'érosion côtière est un problème fondamental dans lesdits outre-mer, notamment en Martinique. Il le remercie de s'être rendu en Martinique, en particulier dans l'extrême nord de l'île, pour le constater. Il précise néanmoins que la question ne se résume pas à ce risque naturel majeur, car les risques sont aussi humains et technologiques, ce qui pose un problème de gestion pour l'avenir.

La Martinique est confrontée à de nombreux risques associés au changement climatique – élévation du niveau de la mer, submersion marine, érosion côtière – ainsi qu'à de nombreux risques technologiques. Treize des trente-quatre communes de l'île sont inscrites sur la liste des territoires exposés au recul du trait de côte, publiée en avril 2022 par le gouvernement. Elles adaptent leur politique de planification urbaine.

Chaque année, l'océan gagne du terrain, en moyenne un mètre sur le littoral. Si l'érosion est un phénomène naturel, son accélération tient souvent aux activités humaines : prélèvement de sable, déforestation, suppression des mangroves protectrices, urbanisation, fragilisation des récifs coralliens.

Pour prévenir ces risques, certaines communes, notamment La Trinité, ont eu recours à des ouvrages de défense tels que des enrochements ou des digues. Mais ces solutions coûteuses se révèlent souvent temporaires ou inadéquates, comme la tempête Xynthia l'a mis en évidence en France hexagonale, à Oléron.

D'autres communes, notamment Le Prêcheur, ont développé des solutions innovantes d'adaptation à la transition écologique en déplaçant le centre-bourg dans les hauteurs, par mesure de sécurité, et en déplaçant la population concernée. Cette opération a été soutenue par le plan urbanisme, construction, architecture (Puca), mais la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Deal) de la Martinique reste en attente des financements nécessaires – M. le ministre des outre-mer a pu le constater.

De telles initiatives constituent des réponses ambitieuses au changement climatique, problème qui se pose avec d'autant plus d'acuité dans les dits outre-mer. Par quel accompagnement le gouvernement compte-t-il appuyer ces initiatives ? Nous insistons sur l'opportunité pour le ministère des outre-mer, qui est présent sur tous les océans du globe, de prendre des mesures fortes en cette année 2025, déclarée symboliquement année de la mer.

M. le président . La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'autonomie et du handicap.

Mme Charlotte Parmentier-Lecocq, ministre déléguée chargée de l'autonomie et du handicap . Permettez-moi de vous répondre au nom du ministre des outre-mer, qui est en ce moment en Nouvelle-Calédonie.

Vous évoquez l'urgence qui s'attache à l'adaptation au changement climatique dans les outre-mer et, plus spécifiquement, le problème du recul du trait de côte. Bien évidemment, les territoires ultramarins sont particulièrement exposés à l'érosion côtière, notamment du fait de leur insularité. Selon deux rapports remis en avril 2024 par le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), le territoire français le plus touché à l'horizon 2050 serait la Guadeloupe, où 552 logements deviendraient inhabitables ; la Martinique serait également affectée, puisque 284 habitations y seraient menacées. Au total, 1 190 habitations seraient menacées par l'érosion du littoral dans nos outre-mer dans les vingt-cinq prochaines années.

Le troisième plan national d'adaptation au changement climatique, présenté le 10 mars dernier, précise que les spécificités géographiques des outre-mer appellent la définition d'une stratégie d'adaptation pour chaque territoire, définie localement avec l'appui de moyens locaux et nationaux, et la mise en place d'une organisation dédiée. L'élaboration de cette stratégie doit être rattachée aux travaux des COP – conférences des parties – territoriales de planification écologique. Il convient notamment de déterminer les actions à réaliser dans le volet « adaptation » de la feuille de route qui sera issue de ces COP territoriales en 2025. Qu'il s'agisse de prendre des mesures de protection des populations et des infrastructures essentielles, d'actualiser les plans de prévention des risques naturels majeurs ou d'élaborer des cartes locales d'exposition, le recul du trait de côte a vocation à constituer une priorité incontournable des stratégies locales.

Afin de compléter le rapport remis en novembre 2023 par l'Inspection générale de l'environnement et du développement durable (Igedd) et l'Inspection générale de l'administration (IGA), qui portait essentiellement sur l'Hexagone, une mission d'inspection sur le financement des conséquences du recul de trait de côte des départements et régions d'outre-mer a été lancée. Nous disposerons ainsi d'un inventaire fiable et d'une évaluation de la valeur des biens menacés d'ici à cinq ans et à moyen terme. La mission devra identifier les sources de financement pour anticiper le repli territorial et les éventuelles adaptations nécessaires et pour déterminer les zones à protéger en priorité. Ses conclusions sont attendues avant la fin du premier semestre 2025. Un point intermédiaire sera demandé afin de nourrir les réflexions du prochain comité interministériel des outre-mer (Ciom), qui accordera une place importante aux enjeux d'adaptation aux effets du changement climatique dans ces territoires.

M. le président . La parole est à M. Davy Rimane.

M. Davy Rimane . Je vous remercie pour votre réponse. J'espère que nous obtiendrons rapidement les précisions nécessaires à la mise en œuvre de l'adaptation au changement climatique dans tous les territoires dits d'outre-mer. En effet, le temps joue contre nous : l'érosion côtière se poursuit et les déplacements de population ont déjà commencé.

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