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🧭Gouvernement Bayrou
François Bayrou
, Premier ministre
Élisabeth Borne
, Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche
Manuel Valls
, Ministère des outre-mer
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice
Bruno Retailleau
, Ministère de l'intérieur

Éric Lombard
, Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Sébastien Lecornu
, Ministère des armées
Rachida Dati
, Ministère de la culture
François Rebsamen
, Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation
Jean-Noël Barrot
, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères
Agnès Pannier-Runacher
, Ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche
Annie Genevard
, Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
Laurent Marcangeli
, Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification
Marie Barsacq
, Ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative
Avenir de l'hôpital de Juvisy-sur-Orge établissements de santé
Avec
Catherine Vautrin
, Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles2 avr. 2025

HÔPITAL DE JUVISY-SUR-ORGE


M. le président . La parole est à Mme Claire Lejeune, pour exposer sa question, no 293, relative à l'hôpital de Juvisy-sur-Orge.

Mme Claire Lejeune . Monsieur le ministre, je vous interroge en tant que députée de la septième circonscription de l'Essonne.

L'Essonne est un département de déserts médicaux, dont les habitants pâtissent d'une dégradation considérable de l'accès aux soins et cela, notamment, en raison du sort fait à l'hôpital de Juvisy-sur-Orge.

En 2008, la fermeture des services de chirurgie et de la maternité de Juvisy est décidée – maternité où étaient nés tous les enfants de la ville et du territoire, à commencer par moi, et où 70 % des femmes de Grigny, ville la plus pauvre de France métropolitaine, accouchaient. Le grignotage de l'offre de soins s'est poursuivi jusqu'à la fermeture totale en 2024 des services maintenus à l'hôpital. Cette fermeture a été décidée alors que l'hôpital de Juvisy jouait un rôle social et sanitaire majeur dans le territoire et qu'il aurait pu, si on l'avait voulu et qu'on avait consenti les investissements nécessaires, être réhabilité.

Les patients de la circonscription sont désormais dirigés vers l'hôpital de Saclay, pourtant situé à plus de trente-cinq minutes de route – et encore faut-il que la circulation soit fluide ! Il y a alors une véritable perte de chance, notamment pour les cas les plus graves. Cela provoque aussi une surmobilisation des équipes de pompiers, le temps de prise en charge étant considérablement allongé.

Le 20 mars, sur le parvis de Saclay, les syndicats ont dénoncé l'envers du décor de cet hôpital qu'on a voulu « high-tech ». Ils ont dénoncé les conditions de travail du personnel soignant et ont même évoqué une mise en danger des patients.

En raison de la saturation de l'hôpital de Saclay, les patients de nos territoires sont redirigés vers les urgences des hôpitaux de Longjumeau et de Villeneuve-Saint-Georges, qui sont elles-mêmes saturées. Deux jeunes femmes de 26 ans et 20 ans, dont l'une était juvisienne, y sont décédées en ce début d'année, dans des circonstances qui peuvent laisser à penser à des morts dites évitables.

La réouverture du site de Juvisy-sur-Orge, cédé au groupe privé Clariane, qui a entrepris des travaux, est prévue pour le second trimestre de 2027 – mais elle ne remplacera pas un hôpital public de plein exercice de proximité. Le centre médical d'appui ouvert avec plusieurs mois de retard n'est qu'un palliatif très insuffisant.

Tout cela traduit de la part des pouvoirs publics à tout le moins un manque criant d'anticipation et un manque tout aussi criant de moyens pour ce qui aurait dû pourtant être la priorité numéro un. Qu'est-ce qui a conduit à une telle situation ? Que comptez-vous faire pour que les habitants de la septième circonscription de l'Essonne aient de nouveau accès à des soins de qualité et à un service public digne de ce nom à Juvisy-sur-Orge ?

M. le président . La parole est à M. le ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, qui a accepté de représenter Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles.

M. François Rebsamen, ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation . Cette question permet de faire un point sur la situation de l'hôpital de Juvisy-sur-Orge.

Le nord de l'Essonne connaît depuis juillet dernier une réorganisation de l'offre de soins hospitalière. Il a d'abord bénéficié de l'ouverture, sur le plateau de Saclay, dans les délais prévus – ce qui est à souligner –, d'un nouvel hôpital afin de répondre au besoin d'une prise en charge d'excellence et d'innovation dans ce territoire d'avenir. Cela représente un investissement public de 422 millions d'euros.

La réorganisation de l'offre de soins hospitalière s'appuie sur deux autres piliers : un hôpital de proximité à Longjumeau, avec des urgences, et une offre de SMR – service médical rendu – privé, comportant 220 lits, auquel seront adossées des urgences publiques et une structure mobile d'urgence et de réanimation (Smur), à Juvisy.

Le groupe Clariane a indiqué que le projet de Juvisy connaissait du retard. Pour réduire les délais de travaux et éviter que les patients ne se rendent aux urgences dans un chantier en cours, l'agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France a pris la décision de transférer momentanément les urgences à Longjumeau. À ce stade, Clariane a indiqué que la fin des travaux et la réouverture des urgences à Juvisy étaient prévues pour la fin de l'année 2026.

Parce qu'il fallait répondre aux besoins de la population, notamment de prise en charge en pédiatrie, durant ces trois années de fermeture, un centre médical d'appui a ouvert le 14 février 2025 dans le centre-ville de Juvisy, grâce, il faut le reconnaître, à la mobilisation de médecins libéraux et hospitaliers. Ce sont en moyenne quatre-vingts patients qui y sont pris en charge chaque jour.

Avant la réorganisation de l'offre de soins, les patients de la circonscription se rendaient pour 75 % d'entre eux dans les urgences de Juvisy, de Corbeil-Essonnes et de Longjumeau. Depuis la fermeture temporaire des urgences à Juvisy, ils se rendent dans la même proportion à Corbeil-Essonnes, à Longjumeau, à Saclay et à Villeneuve-Saint-Georges – les urgences de Corbeil-Essonnes connaissant la hausse de fréquentation la plus notable. Pour anticiper cela, une refonte de la sectorisation du Samu a permis en juin de diminuer le nombre de patients régulés vers Corbeil.

Enfin, concernant le temps de dépose des patients, vous avez évoqué les difficultés rencontrées aux urgences de Paris-Saclay par le service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de l'Essonne ainsi que par les transporteurs sanitaires. Si cela était vrai à l'ouverture des urgences, la mobilisation sans faille des soignants, que je salue, a permis de réduire ce temps au point qu'il a rejoint la moyenne des urgences du département.

Je reste très attentif à la réussite de cette réorganisation de l'offre de soins hospitalière dans le Nord-Essonne ; l'agence régionale de santé est d'ailleurs mobilisée pour, de concert avec les soignants, anticiper au mieux les besoins, travailler à des solutions concrètes face aux imprévus et progresser au plus vite vers l'organisation cible des soins hospitaliers.

M. le président . La parole est à Mme Claire Lejeune.

Mme Claire Lejeune . Merci de vos réponses. Paris-Saclay a en effet connu de grandes difficultés à son ouverture et, cet été, ce fut assez catastrophique. La situation sur laquelle je vous ai interrogé reste actuelle : avec l'accumulation des retards à l'hôpital de Juvisy-sur-Orge et la situation délétère de celui de Longjumeau, les habitants ne disposent toujours pas d'un accès à la santé digne de ce nom – d'où un système de santé à deux vitesses, puisque ceux qui peuvent se le permettre recourent à des cliniques privées.

Je demanderai au gouvernement de veiller dorénavant à ce que la coordination soit telle que l'un de ses membres se trouve en permanence dans notre hémicycle lors des séances de questions orales sans débat, dont le timing est extrêmement serré. Pour m'être naguère livré à ce genre d'exercice, je sais que ce n'est pas facile, mais il faut le faire : la représentation nationale l'exige.

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