Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Permettez-moi de relever une forme de paradoxe, madame Fiat : vous mettez en avant une mesure que vous jugez importante, à savoir l'obligation faite aux laboratoires de stocker sur le territoire européen des médicaments d'intérêt thérapeutique majeur, et vous semblez me reprocher de ne pas l'appliquer, alors que j'en ai été l'auteur. Adoptée par le Parlement à une majorité massive, elle est en train d'être mise en œuvre. La loi et le décret mentionnent une durée de stockage maximale de quatre mois, ce délai variant évidemment en fonction de la nature du traitement – il peut notamment s'agir d'un vaccin – et de sa durée de conservation – encore faut-il que celle-ci atteigne quatre mois. Nous pouvons nous enorgueillir, vous et moi, d'avoir adopté cette mesure, car c'est une bonne mesure, je vous remercie de l'avoir rappelé.
J'espère que vous voterez pour d'autres bonnes mesures, celles qui sont issues du Ségur de la santé et figureront dans le PLFSS qui vous sera présenté prochainement. Je sais – je le dis sincèrement – que vous êtes très attachée aux soignants et attentive à leur quotidien. Vous allez donc voter avec la majorité, j'en suis sûr, pour la revalorisation des salaires de plus de 1,5 million de soignants – qui sont la plupart du temps des femmes – pour 8,2 milliards d'euros. Vous allez voter pour l'investissement de 6 milliards en faveur des hôpitaux et des EHPAD. Vous allez voter pour la reprise de 13 milliards de dette des hôpitaux, afin de desserrer l'étau et de leur permettre d'investir. Vous allez voter avec la majorité, j'en suis sûr, pour la création de 4 000 lits. Vous allez voter, j'en suis sûr, pour le recrutement de 15 000 soignants supplémentaires dans les hôpitaux. Vous allez également voter pour les mesures destinées à soutenir les aides à domicile, qui figureront dans le PLFSS et le projet de loi relatif à l'autonomie. Ces mesures, que nous défendons et que vous allez voter, vont dans le bon sens, celui de l'intérêt collectif. Elles sont sans précédent par leur ampleur, leur champ et leur impact sur notre système de santé.
Il nous arrive souvent d'être en désaccord, madame Fiat, mais, en l'espèce, je suis sûr que nous tomberons d'accord.