Philippe HuppéMonsieur le ministre de l'économie, des finances et de la relance, quel est le lien entre une dentelle de Caudry, un couteau de Thiers, une porcelaine de Limoges, une vache de l'Aubrac, un camembert, un fromage du Cantal, un excellent roquefort et, bien évidemment, un vin du Languedoc ?
Ce sont les restaurants qui font le lien entre tous ces produits. Fermer les restaurants revient à empêcher cette filière de vivre, à mettre à mal le roquefort et le vin du Languedoc, la coutellerie de Thiers, la porcelaine de Limoges, les métiers d'art, l'agriculture, la viticulture, les huîtres de La Rochelle. La fermeture des restaurants conduit à déstructurer toute cette filière.
Le Gouvernement a certes soutenu les restaurateurs et il continue à le faire avec une certaine efficacité. À cet égard, je vous félicite d'avoir annoncé, il y a deux jours, le doublement du plafond de l'aide aux restaurateurs : il est bienvenu car ils en avaient besoin.
Est-ce que cela suffira ? S'en sortiront-ils le 20 janvier ? Nous n'en sommes pas sûrs. Pour l'instant, il est à craindre que de 30 à 40 % des restaurateurs ne rouvriront pas. Il faut qu'ils ouvrent en respectant des règles sanitaires strictes. Je suis heureux de voir que nous sommes en train de prendre le pas sur la pandémie grâce aux actions du Gouvernement, mais il faut que les restaurants rouvrent – et rapidement. Tant qu'ils n'auront pas rouvert, il faut poursuivre, voire amplifier, le soutien pour qu'ils n'aient aucune charge.
En même temps, il faut exiger le respect de règles, notamment en matière de ventilation, comme le préconise le groupe Agir ensemble depuis longtemps. Le Gouvernement doit mettre de l'argent dans le plan de relance afin d'aider les restaurateurs à mieux ventiler les salles pour pouvoir rouvrir rapidement. Pourquoi les Français ne feraient-ils pas comme les Allemands qui vont y consacrer 500 millions d'euros ? Sans une réouverture rapide des restaurants, il y aura de la casse.