Martine WonnerVotre réponse, madame la ministre, n'est pas tout à fait à la hauteur de ce qu'attend la jeunesse de notre pays. Ce qui pouvait être compréhensible il y a dix mois est désormais totalement insoutenable. Les étudiants souffrent de l'isolement social dans lequel ils sont plongés.
Il ne suffit pas de saupoudrer des mesurettes financières. Vous le savez bien, ce ne sont pas les 150 euros que le Gouvernement a distribués aux étudiants qui leur permettent de survivre et encore moins de vivre.
La semaine dernière, nous, parlementaires, avons reçu plus d'une centaine de témoignages d'étudiants en souffrance psychique. Que répondez-vous à cet étudiant qui explique : « Nous n'allons plus à la fac puisque nous sommes en distanciel. Nous n'allons plus au cinéma, au café, au musée, lieux sociaux où jadis nous pouvions échanger, puisque l'on ne peut plus. Nous restons vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, dans nos chambres universitaires mesurant les mêmes dimensions qu'une cellule de prison » ?
Comment croire qu'un simple accès gratuit à un psychologue peut être la solution alors que la plupart des étudiants ne sont déjà plus en mesure d'appeler à l'aide ? Il faut offrir aux étudiants un accès effectif à ces services de soins universitaires par une resocialisation que seul le chemin de l'université peut permettre. Cessons de considérer les jeunes uniquement comme un vecteur de propagation du virus alors qu'ils sont l'avenir de la France.