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🧭Gouvernement Castex

















le président

La parole est à Mme Caroline Fiat.
Caroline Fiat

Le message d'Emmanuel Macron a bien été entendu par les soignants : il va falloir faire des efforts. Par exemple, au CHRU – centre hospitalier régional et universitaire – de Nancy, après quelques exercices physiques, ils se sont tous unis et ont essayé – de toute leur force – de bouger les murs pour avoir plus de place et ouvrir des lits. On ne peut pas dire qu'ils ménagent leurs efforts, et ce malgré la fatigue cumulée : à Nancy, les soignants n'ont pas eu de répit depuis mars 2020. Malgré leur acharnement, force est de constater qu'ils n'ont pas réussi. Ils ont donc transformé des lits de réanimation pédiatrique en lits de réanimation pour adultes. Vous savez ce que cela signifie : désormais, des opérations sont également déprogrammées dans les services de pédiatrie et les enfants sont aussi concernés.
Jean-Luc Mélenchon

Quelle honte !
Caroline Fiat

Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, j'hésite entre cynisme, ironie et colère. Cela fait dix mois que mon groupe vous demande d'auditionner les 180 000 infirmiers diplômés d'État ayant quitté la profession , pour savoir à quelles conditions ils seraient prêts à revenir. En tout cas, une chose est sûre : celles du Ségur de la santé ne sont pas suffisantes.

Nous avons perdu dix mois. Aujourd'hui, on déprogramme à tour de bras. Selon les professionnels concernés, les effets collatéraux pour les patients seront préjudiciables et irrattrapables, pour ne pas dire mortels. Ne trouvez-vous pas que le goût du risque a de graves conséquences ?

Il y a quelques semaines, non sans cynisme, vous avez jeté en pâture les soignants – dont je fais partie –, affirmant qu'ils étaient inconscients puisque, en ne se vaccinant pas, ils mettaient la vie de leurs patients en danger. Quel mépris ! Savez-vous qu'au CHRU de Nancy, aucune dose n'est disponible depuis trois semaines pour vacciner le personnel soignant ?
Jean-Luc Mélenchon et M. Adrien Quatennens

Alors ?
Caroline Fiat

Plutôt que de nous accuser de tous les maux, donnez-nous les moyens de nous protéger. Monsieur le ministre, vous nous avez conduits dans le mur ; allez-vous – au moins – admettre votre responsabilité ?
le président

La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.
Olivier Véran,
ministre des solidarités et de la santé.
Madame la députée, merci pour cette question, encore une fois toute en modération…
Sébastien Jumel

Ça suffit ! Quelle condescendance de classe ! 
Olivier Véran,
ministre .
…à laquelle je vais bien sûr répondre. Tout d'abord, je tiens à saluer le travail extraordinaire des soignants, dans tous les hôpitaux comme en médecine de ville, et, évidemment, au CHRU de Nancy.

À ce propos, comme vous ne l'avez pas souligné, je vais me permettre de le rappeler : grâce au Ségur de la santé, plus de 400 millions d'euros d'investissements ont été annoncés pour reconstruire l'hôpital de Nancy. De plus, comme je m'y étais engagé, j'ai renoncé à toutes les suppressions d'emplois programmées il y a quelques années, de même qu'aux suppressions de lits, dont le nombre va au contraire augmenter. Ces mesures sont soutenues – et c'est heureux – par le maire de Nancy, par la communauté médicale et paramédicale locale et par l'agence régionale de santé.
Caroline Fiat

Mais on n'a pas de lits !
Pierre Cordier

Véran, socialiste !
Olivier Véran,
ministre .
Parmi les messages que vous avez souhaité faire passer, je crois comprendre que vous vous inquiétez au sujet des renforts médicaux et paramédicaux dont pourraient bénéficier, dans une période difficile, les personnels hospitaliers. Certes, nous comptons avant tout sur la mobilisation des personnels qui travaillent déjà à l'hôpital, et qui font des efforts énormes depuis plus d'un an.
Jean-Luc Mélenchon

Et la pédiatrie ?
Olivier Véran,
ministre .
Je ne trouverai jamais suffisamment de mots pour les remercier pour leur courage, leur abnégation et leur détermination à soigner et à sauver des vies, de jour comme de nuit.

Ces soignants pourront compter sur les renforts issus de la réserve sanitaire, sur la mobilisation des médecins retraités, des soignants retraités, des étudiants et des professionnels de santé libéraux.
Caroline Fiat

Il n'y a personne !
Adrien Quatennens

Et la pédiatrie ?
Ugo Bernalicis

Elle est déprogrammée ou pas ?
Olivier Véran,
ministre .
Je l'ai annoncé, j'ai signé un arrêté permettant de majorer de 50 à 100 % la rémunération des soignants, lorsqu'ils prêtent main forte à leurs collègues.

S'agissant des déprogrammations de soins, elles sont décidées progressivement, à mesure qu'il faut libérer des équipes et des lits pour sauver la vie des malades touchés par des formes graves du covid-19. Rassurez-vous, la déprogrammation de certains soins n'est pas dictée dans le bureau du ministre…

Je ne m'entends pas parler ! La déprogrammation est décidée localement, par les directeurs, les équipes médicales et paramédicales, en fonction des besoins en lits de réanimation et en maintenant évidemment les interventions urgentes – notamment en cancérologie.
Mathilde Panot et M. Jean-Luc Mélenchon

Et les enfants ? Répondez !
Olivier Véran,
ministre .
C'est pour cela que nous vous proposons depuis plus d'un an de voter avec nous des mesures de protection de la population. Vous ne l'avez jamais fait, jugeant plus intéressant de…
Ugo Bernalicis

Vous allez dans le mur !
le président

Merci, monsieur le ministre… M. Jean Lassalle n'étant pas présent, nous passons à la question suivante.
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