Sylvain WasermanMa question s'adresse à Mme la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion. Disons-le clairement, le « quoi qu'il en coûte » a sauvé des millions d'emplois et collectivement, nous pouvons être fiers des décisions volontaristes qui ont été prises par notre gouvernement avec un large soutien de l'Assemblée nationale sur ces sujets qui ont d'ailleurs souvent dépassé les clivages politiques.
Avant d'être député, j'étais chef d'entreprise. Je mesure à quel point cette crise a été dure pour tous, pour les salariés comme pour les demandeurs d'emploi, mais aussi pour celles et ceux qui créent des emplois et de l'attractivité dans nos territoires. Aujourd'hui, à l'heure de la reprise, ces entrepreneurs me disent tous la même chose : on ne trouve pas à embaucher. Si nous ne résolvons pas cette difficulté à recruter, elle nous pénalisera doublement : d'une part, en limitant la croissance, d'autre part, en freinant les demandeurs d'emploi dans leur recherche.
Bien sûr, pour recruter, il faut payer le juste salaire mais cela ne suffit pas. Bien sûr, la réforme de l'apprentissage et de la formation professionnelle qui concerne 520 000 jeunes – ils étaient 280 000 en 2016 – est un succès majeur , tout comme l'initiative « 1 jeune, 1 solution ». Mais cela ne suffit pas.
Bien sûr, il faudra aussi réformer l'assurance chômage, même si le juge des référés du Conseil d'État estime quant à lui que ce n'est pas le bon moment. À mon avis, il dépasse là ses prérogatives pour entrer sur le terrain de l'opportunité politique. Or qu'on soit pour ou contre, c'est bien au politique d'en décider.
Bien sûr, enfin, chacun peut agir. Dans ma circonscription, j'ai lancé l'initiative « 300 jeunes vers l'emploi » où des coachs d'entreprise bénévoles accompagnent 300 jeunes de quartiers prioritaires jusqu'à ce qu'ils trouvent un CDI ou un CDD de plus de six mois. C'est une action concrète qui montre que notre jeunesse veut réussir et qu'on peut lui en donner les moyens.
Madame la ministre, il est nécessaire d'agir maintenant pour favoriser la reprise d'emploi plutôt que le maintien en situation de chômage. Notre taux de chômage atteint 8 %, à nous de réussir l'incroyable défi d'atteindre l'objectif de 7 %. Comment aller encore plus vite et plus loin ?