Jennifer De TemmermanMa question s'adresse à M. le ministre de l'intérieur et j'y associe mon collègue Sébastien Nadot, président d'une commission d'enquête sur les migrations. Depuis le lundi 11 octobre, trois personnes, parmi lesquelles l'aumônier de la délégation du Secours catholique, sont en grève de la faim à l'église Saint-Pierre de Calais. Cet acte fort est un appel de plus à réagir à la situation indigne et inhumaine dans laquelle se trouvent des migrants et des personnes exilées à Calais. Malgré l'accumulation de décisions prises par les gouvernements successifs, les conditions de vie des personnes concernées sont de plus en plus précaires. De nombreux observateurs indépendants – la défenseure des droits, la Commission nationale consultative des droits de l'homme, les experts de l'ONU et, plus récemment, Human Rights Watch – ont constaté sur place de graves violations des droits fondamentaux à l'encontre de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants.
Ce qui se passe à Calais en ce moment doit être dénoncé. La stratégie consistant à évacuer quasi quotidiennement les campements, à détruire et à confisquer les affaires personnelles des migrants, à faire obstruction et à interdire les distributions d'aide humanitaire par des associations et des citoyens, est à la fois inefficace et inacceptable, et elle ne règle en rien la situation. N'est-il pas temps, monsieur le ministre, d'ouvrir un véritable espace de dialogue raisonné en vue d'apporter des réponses humaines concrètes et des solutions durables pour mettre fin à cette situation dramatique ?