Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Madame la députée, un sparadrap à 30 milliards d'euros, c'est vraiment un bon gros sparadrap ! Je vous rappelle que 19 milliards d'euros sont prévus pour les investissements, les reprises de dette et la modernisation des hôpitaux ; 3 000 EHPAD et hôpitaux seront reconstruits, modernisés et numérisés, ce n'est pas un sparadrap ! Quand des soignants me disent qu'ils tiennent l'hôpital à bout de bras, mais qu'ils se demandent comment faire avec une douche pour vingt-deux malades, l'absence d'IRM et des urgences vieillissantes, c'est compliqué ; je leur dis : « Vous avez raison. On va mettre 70 millions, voire 200 millions d'euros, on reconstruit tout et vous aurez un hôpital flambant neuf dans les années à venir. » Je peux vous assurer que renaissent alors les sourires.
Vous avez par ailleurs souligné la hausse des rémunérations, qui compte en effet. Hier, le Ségur a encore progressé puisque nous avons enregistré un accord majoritaire avec les syndicats des fonctions publiques territoriale et hospitalière sur les sages-femmes, avec tout de même 500 euros net de plus à compter du mois de mars et une sixième année d'études. Vous voyez bien que, profession par profession, on avance, dans le dialogue et dans la concertation, grâce aux moyens considérables qui sont mis sur la table par ce gouvernement et par cette majorité.
Madame la députée, vous avez évoqué à juste titre le troisième volet parce qu'il faut en effet que cela bouge dans l'hôpital. Et c'est bien l'autre axe du Ségur, dont on parle moins, celui qui vise à recréer les services hospitaliers, à redonner du sens aux soignants, à rendre non opposable une partie du code de la santé publique pour baisser le poids des normes, à réduire les charges administratives des personnels médicaux et soignants et à permettre à chacun de se sentir représenté et représentatif au sein des différentes commissions d'établissement.
Une boîte à outils a été donnée à chaque établissement pour faire vivre la démocratie interne. Je vous signale que pas loin de Roubaix, l'hôpital de Valenciennes est un modèle du genre en matière d'organisation interne, tout le monde y est heureux, et il y a plus de personnels soignants que d'administratifs - je n'ai rien contre les administratifs, mais soigner est la priorité du moment. Les hôpitaux signent progressivement des accords. Chez vous, un accord majoritaire a été signé, y compris, me semble-t-il, par la CGT. Je pense que quand la CGT valide une transformation de l'organisation, c'est probablement que la direction prise n'est pas mauvaise - ce n'est en tout cas pas à gauche que l'on me dira le contraire.