Bruno Le Maire,
Ministère de l’économie, des finances et de la relance •
3 mai 2022Le marketing d'influence a connu en 2019 un essor significatif. De plus en plus de personnalités publiques (ex-candidats d'émissions de télé-réalité, sportifs, artistes, etc.) présentent à leurs nombreux abonnés, sur leurs comptes de réseaux sociaux (principalement, Instagram, Snapchat, Facebook), des produits et services divers, en étant directement rémunérés par les marques pour ces contenus sponsorisés. Les agences de mise en relation entre annonceurs et influenceurs ont connu un développement important de leur chiffre d'affaires au cours des dernières années, et les annonceurs, parmi lesquels figurent les plus grandes marques, au même titre que des produits et services dont la question de la conformité à la règlementation se pose clairement, ciblent désormais en priorité les influenceurs et leurs millions d'abonnés pour définir leurs stratégies marketing à destination des consommateurs. Les campagnes promotionnelles via influenceurs sont moins coûteuses que la publicité classique (radio, TV, presse) et dont l'efficacité est avérée. Le Service National des Enquëtes (SNE) de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a initié, fin 2019, des contrôles auprès d'influenceurs et agences de communication spécialisées, dans le cadre d'enquêtes en cours portant notamment sur les secteurs des cryptomonnaies et du dropshipping. Ces contrôles se sont intensifiés depuis, en ciblant notamment les principales agences de communication spécialisées et leurs influenceurs les plus suivis. Les enquêtes en cours et à venir s'orientent en effet vers des secteurs dans lesquels les annonceurs recourent régulièrement à des campagnes de promotion par influenceurs. Les enquêteurs portent une attention particulière aux pratiques commerciales des annonceurs et de leurs relais « influenceurs » sur les réseaux sociaux, qui touchent un public large et jeune. Les problématiques rencontrées relèvent, d'une part, de la loyauté des placements de produits ou de services rémunérés, qui doivent être clairement identifiés comme tels dans les publications sur les réseaux sociaux, et, d'autre part, de la nature et le contenu des produits et services mis en avant, ainsi que les présentations qui en sont faites au public.