Barbara Pompili,
Ministère de la transition écologique •
27 oct. 2020La crise sanitaire liée au Covid-19 a des conséquences sur l'économie mondiale, et la France n'est pas épargnée. Dans ce contexte, la question du phasage de la mise en œuvre des mesures environnementales adoptées notamment dans le cadre de la loi du 10 février 2020 de lutte contre le gaspillage et pour l'économie circulaire (AGEC) a effectivement pu être posée. Le Gouvernement est attentif à la situation économique des entreprises, et en tient compte dans la mise en oeuvre des dispositions de la loi AGEC. Au demeurant, ces mesures ont souvent une portée de moyen et de long terme (décret quinquennal et stratégie nationale sur les plastiques à usage unique, mise en place de nouvelles filières à responsabilité élargie du producteur et études sur la mise en œuvre de la consigne à partir de 2022/2023, etc.). Le Gouvernement procède à des concertations avec les professionnels pour l'élaboration des dispositions de mise en œuvre réglementaire des mesures les plus rapprochées (fin 2020 et début 2021). Bien entendu, ces dernières tiennent compte du contexte de crise sanitaire et économique. S'agissant des mesures de relance, de nombreuses entreprises françaises lourdement affectées ont d'ores et déjà dû faire appel à l'État pour obtenir davantage de liquidités et d'autres vont continuer à le faire. Les plans de soutien à l'automobile et à l'aéronautique intègrent une forte dimension environnementale, et visent à accélérer les transformations de ces filières vers une mobilité décarbonée. En outre, d'importants moyens du plan de relance sont consacés à la transition écologique des entreprises, qu'il s'agisse de réduction des émissions ou d'économie circulaire. Enfin, le Parlement a adopté à l'occasion de la troisième loi de finance rectificative pour 2020 une règle d'écoconditionnalité. Dorénavant, la prise de participation de l'Agence des participations de l'Etat (APE) dans les entreprises de plus de 500 millions d'euros de chiffre d'affaires sera liée à des engagements en matière de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, compatibles avec la stratégie nationale bas carbone (SNBC). Des sanctions financières à hauteur de 375 000 € sont prévues en cas de non-respect des obligations de publication par les entreprises. Au plan européen, la France œuvre activement aux côtés de l'Allemagne en faveur d'un plan de relance économique massif qui intègre les objectifs du Pacte vert (ou « Green Deal »). Le nouvel instrument de relance européen, d'un montant de 750 Mds €, a récemment fait l'objet d'un accord au Conseil européen et doit encore être définitivement adopté. Le projet prévoit trois piliers, dont le plus conséquent, la facilité de relance et de résilience (FRR), représente 670 Mds €. Ce dernier financera des plans nationaux de relance et résilience, qui devront démontrer une contribution efficace à la transition verte et numérique pour obtenir une évaluation positive. Au titre de ce dispositif, dont les conditions de mise en œuvre seront précisées, 30 % des dépenses devraient concerner la transition écologique.