Jean-Yves Le Drian,
Ministère de l’Europe et des affaires étrangères •
19 janv. 2021La crise générée par la pandémie de la Covid-19 montre qu'il est plus que jamais nécessaire d'investir dans les biens publics mondiaux et dans la lutte contre les inégalités mondiales, afin d'aider les pays les plus vulnérables à prévenir et faire face à de nouvelles crises. Avec le projet de loi de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales, la France se donne des moyens à la hauteur des enjeux. Malgré la baisse anticipée du revenu national brut (RNB) dans un contexte de crise économique majeure, la France maintient son engagement à consacrer 0,55% de la richesse nationale à l'aide publique au développement (APD) d'ici 2022. L'APD de la France continuera ainsi d'augmenter en volume (+18% entre 2019 et 2020, et +33% entre 2020 et 2021). Ce projet de loi prévoit la trajectoire des crédits de paiement de la mission « aide publique au développement », ainsi que les montants des ressources affectées au Fonds de solidarité pour le développement, pour les années 2020, 2021 et 2022. Cette hausse des moyens s'accompagne d'un renforcement des crédits bilatéraux et en don, pour cibler plus efficacement les pays prioritaires définis par le Comité interministériel de la coopération internationale et du développement de 2018. Le « cadre de partenariat global », annexé au texte de loi, rappelle l'objectif de consacrer la moitié de l'effort en subvention de l'État et les deux-tiers des subventions mises en œuvre par l'AFD aux 19 pays prioritaires, appartenant à la catégorie des pays les moins avancés, principalement situés en Afrique subsaharienne. Le projet de loi réaffirme également la concentration des moyens sur les priorités transversales et sectorielles fixées par le cadre de partenariat global (environnement et climat, égalité femmes-hommes, crises et fragilités, droits humains, santé, éducation, sécurité alimentaire, eau et assainissement, commerce, gouvernance), prenant ainsi en compte les recommandations émises par les organisations de la société civile dans le cadre de l'avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE) adopté le 26 février 2020. La poursuite du travail de rénovation de notre cadre d'action, de modernisation de nos instruments et d'évaluation de leur impact est indispensable pour renforcer notre action en faveur des pays en développement, en particulier africains. Présenté en Conseil des ministres le 16 décembre dernier, le projet de loi de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales doit être examiné au Parlement début 2021.