Julien Denormandie,
Ministère de l’agriculture et de l’alimentation •
9 févr. 2021Les composés nitrés se retrouvent dans un grand nombre d'aliments et dans l'eau de boisson. La présence de nitrites et nitrates dans les aliments résulte notamment de leur emploi comme additifs alimentaires. Ces additifs sont en particulier utilisés dans un objectif de conservation et préservent de risques sanitaires tels que le botulisme. Ils sont autorisés par la réglementation européenne à la suite d'une évaluation des risques par l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en 2017 qui conclut que les nitrites et les nitrates ajoutés aux aliments aux niveaux autorisés sont sans danger pour les consommateurs en Europe et que ces additifs contribuent à moins de 5 % de l'exposition totale aux nitrates. Néanmoins, l'association du fer-héminique avec les nitrites ajoutés est une hypothèse envisagée comme une explication du risque accru observé de développement de cancers du côlon ou du rectum, lié à la consommation de certains produits carnés (données CIRC-INCa 2018). Ainsi, il importe de bien cerner les effets des nitrites, tout particulièrement leur conversion dans l'organisme en nitrosamines, et d'écarter certains angles morts s'agissant notamment de l'association du fer héminique aux nitrites. Dans ce contexte, la direction générale de la santé, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et la direction générale de l'alimentation ont saisi l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail fin juin 2020. Les résultats de l'expertise sont attendus dans le courant de l'année 2021 et serviront de base aux actions publiques ultérieures éventuelles. Par ailleurs, santé publique France a émis des recommandations de consommation en matière de charcuterie. Ainsi, il est recommandé de limiter sa consommation de produits de charcuteries à 150 g par semaine. Quant aux professionnels, ils sont également sensibilisés et engagés sur ce sujet depuis plusieurs années. D'ailleurs, la volonté de diminuer de 20 % la quantité de sels nitrités incorporée aux produits de charcuterie en dessous des limites maximales européennes est inscrite dans le code des usages de la charcuterie. Ainsi, la dose maximale d'incorporation est fixée à 120 mg par kilo contre 150 mg au niveau européen. Enfin, la recherche est mobilisée en parallèle afin de proposer des produits sans nitrites, qui représentent à l'heure actuelle environ 3 % du marché de la charcuterie en France.