Franck Riester,
Ministère auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité •
16 nov. 2021La France dénonce avec force, de manière constante, et à tous les niveaux, les pratiques injustifiables, abondamment documentées par des travaux académiques, des rapports officiels et des témoignages de la société civile, qui ont cours au Xinjiang. La France se coordonne étroitement avec ses partenaires européens en vue d'assurer une réponse européenne à la mesure de la gravité des violations des droits de l'Homme commises à l'encontre des personnes appartenant aux minorités ethniques et religieuses de cette région. C'est ainsi que, pour la première fois depuis 1989, l'Union européenne a sanctionné le 22 mars dernier une entité et quatre personnes impliquées dans la détention arbitraire, le travail forcé et la répression institutionnalisée et menée à grande échelle, d'Ouïghours et de personnes issues d'autres minorités ethniques ou de confession musulmane au Xinjiang. Ces personnes sont en effet victimes de pratiques inacceptables, contraires au droit international des droits de l'Homme que la Chine a l'obligation de respecter. La France continuera également de soutenir le dialogue exigeant mené au niveau européen avec la Chine sur le respect des droits de l'Homme, notamment au Xinjiang, dans le cadre des prochaines échéances UE-Chine, en l'appelant à ratifier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations unies. Elle continuera enfin d'exprimer son soutien à l'intégration transversale du respect des droits de l'Homme dans la politique européenne, à travers notamment l'utilisation de la politique commerciale. Les contre-sanctions chinoises adoptées à l'encontre de parlementaires européens nous confortent dans notre exigence de fermeté sur le travail forcé dans les discussions à venir : la Chine doit progresser dans la mise en œuvre des engagements qu'elle a pris, tout particulièrement la mise en œuvre des conventions fondamentales de l'Organisation internationale du travail (OIT), en particulier celles relatives au travail forcé. Le projet de la Commission européenne d'une proposition législative sur la conduite responsable des entreprises constituera un outil supplémentaire pour renforcer la résilience de nos chaînes de valeur et en éliminer le travail forcé, conformément à l'engagement pris par la Présidente de la Commission le 15 septembre dans son discours sur l'Etat de l'Union.