Bruno Le Maire,
Ministère de l’économie, des finances et de la relance •
3 mai 2022Les produits d'origine végétale mis sur le marché de l'Union européenne doivent répondre à deux principes, celui de la sécurité et celui de la loyauté. Ces produits utilisés comme denrées alimentaires doivent en effet être conformes aux prescriptions de la réglementation européenne générale qui visent à assurer la sécurité des denrées alimentaires à tous les stades de la commercialisation. A ces principes généraux s'ajoutent des règles spécifiques, que ces denrées doivent également respecter, en fonction du risque identifié (exemples : contaminants, résidus de pesticides, …). Le responsable de la mise sur le marché est à cet égard le premier responsable de la sécurité des produits qu'il commercialise et doit tout mettre en œuvre pour assurer cette sécurité, notamment à travers des autocontrôles, incluant le cas échéant la réalisation d'analyses sur ces produits. Concernant la loyauté, il s'agit également d'un principe fondamental reconnu par la réglementation, européenne comme nationale. Ainsi, tout produit doit présenter les caractéristiques et propriétés alléguées par le professionnel ou attendues légitimement par le consommateur, sous peine de constituer une pratique commerciale déloyale, voire une tromperie. Dans certains cas, cette information déloyale peut se doubler d'une question de sécurité, par exemple dans le cas d'allergies. C'est pourquoi, en matière alimentaire, les ingrédients allergènes listés par le règlement européen relatif à l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires (INCO) doivent être mis en évidence sur l'étiquetage des produits. Il en est de même pour les cosmétiques lorsque la concentration des allergènes est supérieure à 0,001% dans les produits non rincés et 0,01% dans les produits rincés. La DGCCRF s'assure à travers ses contrôles que les opérateurs respectent leurs obligations, tant en matière de sécurité que de loyauté. Elle procède dans ce but à des prélèvements de produits, afin de vérifier que ces derniers respectent les règles de sécurité et de loyauté auxquelles ils sont soumis. A cet égard, le recours notamment à des analyses ADN peut s'avérer utile pour les services de contrôles, lorsque cette technique est disponible et appropriée au cas d'espèce. La DGCCRF l'utilise ainsi, par exemple, lorsque sont recherchées d'éventuelles substances de charge (sel, sable, …) dans les épices. Le recours à des analyses ADN est également possible pour les opérateurs, mais il peut représenter un coût important pour les entreprises, notamment les TPE-PME, très actives dans le domaine alimentaire. Des techniques alternatives peuvent être mises en œuvre, dès lors qu'elles aboutissent à un résultat équivalent : garantir la sécurité et la qualité des produits mis sur le marché.